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12/02/2013 06:30 EST | Actualisé 14/04/2013 05:12 EDT

Scandales de dépenses : Services de santé Alberta n'a pas corrigé ses failles

Service de santé Alberta (AHS) n'a pas corrigé toutes les failles qui ont permis à ses cadres de faire des réclamations controversées d'argent, conclut le nouveau rapport du vérificateur général de l'Alberta, publié mardi.

Merwan Saher estime qu'AHS n'a pas responsabilisé son chef des finances afin de s'assurer que l'argent des contribuables rembourse des dépenses qui sont valables.

« Le comité d'audit et de finance ne reçoit pas des rapports réguliers du responsable des finances d'AHS sur l'intégrité et l'efficacité du système de vérification de dépenses. Le comité ne reçoit pas les rapports des cadres et des membres du personnel qui dépensent le plus », observe le vérificateur général.

Le comité d'audit et de finance d'AHS est actuellement dirigé par Don Sieben. Ce dernier avait occupé le même poste à l'ex-Conseil de santé régional d'Edmonton.

Le cas Merali

AHS avait demandé à M. Saher d'enquêter sur ses politiques et ses pratiques de dépenses dans la foulée des scandales de son ancien responsable de finance Allaudin Merali.

Ce dernier avait dû démissionner en août 2012, après que des dépenses controversées de plus de 300 000 $, du temps où il travaillait pour le Conseil de santé régional d'Edmonton, eurent été mises au jour. Sa patronne d'alors, Sheila Weatherill, qui avait approuvé ces dépenses, avait dû à son tour démissionner du conseil d'administration d'AHS.

De 2005 à 2008, Allaudin Merali s'était fait rembourser des sommes d'argent pour des repas dans des restaurants de luxe, des réparations coûteuses et l'installation d'accessoires dans sa Mercedes Benz Sedan. Un audit du groupe Ersnt & Young avait découvert de nombreuses irrégularités dans ces dépenses.

Un autre exemple de dépenses exagérées

En novembre 2012, l'actuel ministre de l'Énergie Ken Hughes avait présenté ses excuses pour avoir autorisé le remboursement de dépenses de Chris Eagle, actuel président d'AHS, lors d'un souper du premier ministre à Calgary, en 2011.

Les réclamations comprenaient le billet d'entrée, la location d'une limousine et un billet d'avion.

Malgré ses excuses, Ken Hughes n'a jamais expliqué pourquoi il avait jugé qu'une telle utilisation des fonds publics était appropriée.

D'autres dépenses mal justifiées

Le rapport du vérificateur général révèle qu'en avril 2011 et en août 2012, AHS avait dépensé 100 millions de dollars pour rembourser les dépenses de ses employés, incluant des voyages et des achats de cartes de dépense.

Selon le rapport, 7 % des réclamations, 2 % des achats et 1 % des voyages étaient peu documentés ou n'auraient pas dû être acceptés.

M. Saher cite, par exemple, des abonnements à la saison de hockey des Flames et de centaines d'autres billets du Stampede qui avaient été achetés par le centre de soins prolongés Carewest de Calgary en 2011-2012.

Selon le vérificateur général, ce centre, qui est à but non lucratif, avait revendu les billets à son personnel et à ses patients, mais AHS n'a pas effectué d'audit pour s'assurer que ces transactions n'avaient pas entraîné des coûts non permis pour Carewest.

« S'il existait un système de contrôle efficace, les responsables auraient pu vérifier s'il était nécessaire de faire ces achats, si ce genre d'achats relevait du travail du centre et à quoi ils devaient manifestement servir », constate Merwan Saher.

Des améliorations nécessaires

Le vérificateur général, qui a analysé l'ensemble du système de dépenses d'AHS, estime que des améliorations avaient été apportées depuis 2008, mais que d'autres changements restent à faire.

Merwan Saher recommande à AHS d'exiger de ses employés de mieux documenter leurs dépenses.

Le budget annuel de l'organisme provincial, qui emploie 100 000 personnes, était de 12 milliards de dollars en 2011-2012.

Selon le vérificateur général, tout service gouvernemental devrait tirer des leçons de l'expérience d'AHS.

« Le message est vraiment que les conseils d'administration et les gestionnaires doivent se rappeler que leur organisation a des politiques et des procédures à respecter pour que les dépenses soient seulement d'ordre professionnel et qu'elles soient économiques », dit M. Saher.

Autre note du vérificateur général

Merwan Saher a également dévoilé la conclusion de son enquête sur la mise à jour budgétaire sans détails que le gouvernement provincial avait présentée à l'été 2012.

Selon le vérificateur général, l'annonce du ministre des Finances Doug Horner était légale, même si elle n'était pas accompagnée d'un document comptable.

Le ministre Horner s'était contenté d'indiquer que le déficit budgétaire de la province, qui avait été anticipé au début de l'année 2012, allait tripler pour s'établir à plus de trois milliards de dollars.

L'opposition avait réagi en alléguant que le gouvernement s'était contenté de produire une brochure et n'avait pas respecté la loi sur l'imputabilité (Accountability Act) qui l'oblige à éclairer correctement les Albertains au sujet des finances de leur province.

M. Saher a refusé de blâmer le gouvernement, en expliquant que les détails avaient été donnés trois mois plus tard, lors de la mise à jour budgétaire du second trimestre.