NOUVELLES
05/02/2013 10:54 EST | Actualisé 07/04/2013 05:12 EDT

Tour du Qatar: dur apprentissage pour les coureurs asiatiques face au vent

Gabarits poids-plumes, manque de puissance et d'expérience de la course : la douzaine de coureurs asiatiques invités dans le peloton du Tour du Qatar cycliste vit un dur apprentissage depuis le début de l'épreuve dimanche, ballottés par les rafales du Shamal, le vent local.

"Dès la première cassure, lors de la première étape, dimanche, nos sept coureurs se sont retrouvés lâchés", en souriait encore Ken Hashikawa, directeur sportif adjoint de l'équipe du Japon, au départ de la 3e étape mardi, à Mesaieed, au sud de Doha : "C'est difficile pour nous, chaque jour c'est un défi, mais nous sommes là pour regarder et apprendre".

Il est vrai que face au puissant vent qui balaie le désert qatari, les 50 kg du petit Japonais Kohei Uchima résiste moins que les 80 kg de Fabian Cancellara ou les 85 kg de Taylor Phinney, vainqueur du contre-la-montre par équipes lundi avec la BMC.

Pour Uchima, 24 ans, membre le reste de la saison de l'équipe japonaise Nippo-De Rosa, basée en Italie, ce contre-la-montre a d'ailleurs été un calvaire: éjecté du sillage de ses partenaires dès le 8e km, il a été contraint de terminer les 6 derniers km en solitaire.

"J'étais en dernière position, nous étions en éventail, et le vent a provoqué une vague", a-t-il expliqué à l'AFP: "je me suis écarté pour ne pas tomber, et je n'ai jamais pu refaire le trou de 2 m devant moi..."

Mais il n'y a pas que le poids et la puissance qui entrent en compte dans un peloton. Il faut s'imposer, quitte à jouer des coudes. Et là aussi les coureurs venus d'Asie ont encore du mal.

"On sent bien qu'ils ne sont pas à l'aise, et quand on est à 3 cm de leur guidon, ils freinent et ils cèdent la place...", sourit le Français Steve Chainel. "Ils ne sont pas assez méchants", résume son compatriote Yoann Offredo.

Au total, excepté Fumiyuki Beppu, le Japonais de l'équipe australienne Orica, 12 "bizuths" venus d'Asie avaient pris le départ du Tour du Qatar dimanche, les sept membres de l'équipe du Japon, et cinq coureurs de chez Champion System : deux Chinois, un Taïwanais, un Sud-Coréen et un Malaisien.

Mardi soir, ils n'étaient déjà plus que 11 après l'abandon de Xu Gang, le champion de Chine, mal remis d'une chute. Et le mieux classé au général, le champion de Corée, Jang Chan Jae, pointait à la 100e place sur 139.

Pour avoir le feu vert de l'UCI, le Tour du Qatar, une épreuve du circuit Asie, devait compter au moins deux équipes asiatiques.

Si la Fédération japonaise a aussitôt répondu positivement à l'invitation, silence radio de la Chine et de la Malaisie. D'où le recours à Champion System, une ancienne équipe arménienne passé sous pavillon chinois et comptant seulement cinq coureurs asiatiques sur huit au Qatar.

Mais Jean-François Pescheux, directeur du cyclisme au sein d'ASO, reste optimiste pour le développement de ce sport en Asie: "Regardez l'Australie, il y a 30 ans il n'y avait que Phil Anderson, et maintenant c'est une grande nation du vélo, et Cadel Evans a gagné le Tour de France".

ol/pid