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05/02/2013 11:37 EST | Actualisé 07/04/2013 05:12 EDT

RSF demande l'abandon des poursuites contre un journaliste au Liban

L'organisation Reporters sans frontières (RSF) a appelé mardi le tribunal militaire libanais qui doit juger mercredi le journaliste Rami Aysha, d'abandonner les poursuites.

"Rami Aysha est journaliste. Ni trafiquant, ni acheteur d'armes", a déclaré Christophe Deloire, secrétaire général de RSF, dans un communiqué.

Par conséquent, "Reporters sans frontières demande au tribunal non seulement de se déclarer incompétent, mais (...) également l'abandon des poursuites engagées contre Rami Aysha", a-t-il ajouté.

Collaborateur pour de nombreux médias internationaux, parmi lesquels Time Magazine et Spiegel Online, Rami Aysha avait été arrêté le 30 août alors qu'il enquêtait sur un trafic d'armes dans la banlieue sud de Beyrouth, d'après l'organisation basée à Paris.

Libéré sous caution le 27 septembre, il est poursuivi pour "achat d'armes" et risque jusqu'à trois ans de prison, selon RSF.

D'après cette ONG, le journaliste a été torturé après son arrestation. Selon le récit du reporter cité par RSF, Rami Aysha a été enlevé par "douze personnes" puis remis aux services de renseignements, avant d'être transféré à la police militaire.

"Les autorités libanaises doivent répondre de son arrestation arbitraire, de son maintien au secret et des mauvais traitements qu'il a subis. Une enquête doit être ouverte sur les exactions commises par la police, ses propres services de renseignements, ainsi que la police militaire", a indiqué RSF, réclamant que les responsables soient "sanctionnés".

Selon le Committee to Protect Journalists (CPJ), M. Aysha a été capturé par le puissant mouvement chiite Hezbollah, qui domine le gouvernement.

"Le journaliste a fréquemment couvert le trafic d'armes du Liban vers la Syrie voisine, ce qui pourrait être la raison de son arrestation", avait estimé mi-septembre cette ONG basée à New York.

Le Liban est profondément divisé entre partisans du régime du président syrien Bachar al-Assad, comme le Hezbollah, et ses détracteurs.

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