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05/02/2013 06:12 EST | Actualisé 07/04/2013 05:12 EDT

Le procureur iranien qui avait emprisonné Zahra Kazemi est jeté en prison

AP
In this Sunday, April 19, 2009 photo, former Tehran prosecutor Saeed Mortazavi, gestures, during a news conference, in Tehran, Iran. Mortazavi, a close ally of President Mahmoud Ahmadinejad, has been arrested, two years after a parliamentary probe found him responsible for deaths by torture of at least three jailed anti-government protesters, state media reported. (AP Photo/Vahid Salemi)

TÉHÉRAN, Iran - L'ancien procureur iranien qui avait incarcéré la Canadienne Zahra Kazemi dans une des pires prisons de Téhéran se retrouve lui-même derrière les barreaux.

L'agence de presse iranienne Fars a révélé que Saeed Mortavazi a été arrêté cette semaine et qu'il est détenu à la prison d'Evin — la même prison où Mme Kazemi a été torturée à mort en 2003.

Le procureur en chef de Téhéran n'a pas commenté l'arrestation de Mortavazi, mais elle pourrait être reliée à la torture présumée et à la mort de manifestants après l'élection controversée de 2009, qui a vu le président Mahmoud Ahmadinejad être reporté au pouvoir.

Mme Kazemi, qui détenait la double citoyenneté irano-canadienne, travaillait comme journaliste-pigiste quand elle a été arrêtée à l'extérieur de la prison d'Evin.

Mortavazi, un proche du président Ahmadinejad, a été chassé de son poste de directeur des services sociaux iraniens en janvier, sous la pression du parlement du pays. Il se trouvait au coeur d'une confrontation entre le président et ses rivaux conservateurs, à la veille de l'élection présidentielle de juin.

Le président Ahmadinejad ne peut briguer de troisième mandat et ses fidèles font maintenant l'objet de représailles. Dimanche, Ahmadinejad avait présenté une vidéo de très mauvaise qualité qui montrait apparemment le frère du président du parlement iranien rencontrant Mortavazi pour lui réclamer un pot-de-vin.

Ahmadinejad a vertement condamné l'arrestation de Mortavazi.

Dans une entrevue accordée à La Presse Canadienne, le fils de Mme Kazemi, Stephan Hashemi, dit ne pas retirer de satisfaction de l'arrestation de Mortavazi.

«Cela ne m'apporte aucune satisfaction, ne me fait ni chaud ni froid. Tout d'abord, nous ne connaissons pas les détails de son arrestation, a-t-il déclaré. Il a été condamné par les siens, en fait. Ce sont une bande de loups, et ils ont décidé d'attaquer un des loups qui était peut-être mauvais pour le troupeau.»

«La source de toute cette misère, de toute cette torture n'est pas Saeed Mortazavi, a-t-il ajouté. À mon avis, Mortavazi pouvait agir parce qu'il était soutenu par les autres.»

M. Hashemi s'en est également pris au gouvernement canadien, déplorant qu'Ottawa n'ait «mené aucun acte, posé aucun geste dont je puisse être satisfait».

«Au contraire, on m'a mis des bâtons dans les roues... le Canada est littéralement complice» du régime iranien, a-t-il asséné.