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05/02/2013 07:40 EST | Actualisé 07/04/2013 05:12 EDT

Première comparution d'un journaliste français détenu en Irak

Le journaliste français Nadir Dendoune, détenu depuis deux semaines à Bagdad, a comparu pour la première fois mardi devant un juge d'instruction qui compte "étudier attentivement" le dossier avant de se prononcer sur son éventuelle inculpation ou sa libération.

Lors de son arrestation le 23 janvier, le journaliste était en possession d'un appareil photo avec lequel il avait pris des clichés du QG des services de renseignement irakiens, ainsi que de barrages de la police et de l'armée, ce qui est formellement interdit sans autorisation, selon une source judiciaire.

Habillé d'un blouson et d'un pantalon en jean, M. Dendoune, également détenteur des nationalités algérienne et australienne, est apparu menotté à son arrivée à la Cour pénale dans la zone verte, le secteur ultra-protégé de la capitale irakienne.

Portant une barbe de trois jours, amaigri, il a assuré à un journaliste de l'AFP présent sur place qu'il "essaye de garder le moral, c'est pas si simple. Mais je suis mieux traité maintenant".

Un garde lui a ensuite retiré les menottes, avant qu'il ne pénètre dans le bureau du juge où la comparution s'est déroulée pendant une trentaine de minutes à huis clos, en présence notamment du consul de France et de son avocat, Nama al-Roubaiye.

Le reporter a pu "donner sa version des faits" durant sa comparution, selon un témoin qui a requis l'anonymat. "Il est apparu cohérent bien qu'affaibli".

Interrogé ensuite par l'AFP, le juge d'instruction en charge du dossier a indiqué qu'il allait "étudier attentivement les dires (de M. Dendoune). Nous allons le maintenir en détention jusqu'à la fin de l'enquête".

Le magistrat, dont le nom ne peut être révélé en vertu de la loi irakienne, n'était pas en mesure de dire combien de temps le processus pourrait prendre.

Le journaliste a "joui de tous ses droits. L'audition s'est déroulée dans la transparence. Il a pu s'exprimer et se défendre comme il l'entendait. Nous avons demandé sa remise en liberté", a expliqué à l'AFP son avocat.

Nadir Dendoune s'était rendu à Bagdad pour y réaliser des reportages en vue du dixième anniversaire de l'invasion de l'Irak, le 20 mars 2003, au cours de laquelle il avait été bouclier humain pour protester contre les frappes alliées.

Il disposait d'un visa de presse et d'une lettre de mission du mensuel Le Monde diplomatique, selon son comité de soutien.

Il a été arrêté alors qu'il se rendait vers une usine de traitement d'eau dans le quartier de Dora, au sud de Bagdad.

Pour Me Roubaiye, le journaliste "ne faisait qu'exercer son activité journalistique. Il n'avait nullement l'intention d'enfreindre la loi".

gde/tp