POLITIQUE
05/02/2013 01:57 EST | Actualisé 07/04/2013 05:12 EDT

Les libéraux préparent la rentrée parlementaire, sur fond de campagne au leadership

PC

LAC-BEAUPORT, Qc - Réunis en caucus pendant deux jours sur fond de course au leadership, les députés libéraux tentent de présenter un front uni, à la veille de la rentrée parlementaire de la semaine prochaine.

Mais l'opposition officielle risque tout de même d'être affaiblie, les députés libéraux étant divisés entre trois camps bien déterminés à faire élire leur candidat respectif à la succession de Jean Charest, le 17 mars prochain.

À leur arrivée au caucus, mardi, tous les députés semblaient dire qu'ils seraient plus unis que jamais au lendemain du congrès au leadership qui devra déterminer si le prochain chef du PLQ sera Philippe Couillard, Raymond Bachand ou Pierre Moreau.

Mais derrière cette belle unité de façade, les dissensions internes apparaissent.

Ainsi, la députée Kathleen Weil, une pro-Couillard, a fait une sortie contre Raymond Bachand à qui elle a reproché d'avoir associé Philippe Couillard à Arthur Porter, l'ancien directeur du Centre universitaire de santé McGill soupçonné de fraude. Selon la députée, les militants libéraux ont été choqués de la sortie de M. Bachand et en ont conclu qu'elle trahissait sa peur de perdre la bataille du 17 mars.

«Je crois que bien des gens y ont vu un geste désespéré ou quelque chose dans son caractère qui inquiète bien des gens», selon Mme Weil, qui a qualifié de «coup bas» la sortie de M. Bachand.

La course au leadership en est à l'étape du recrutement des 3000 délégués qui éliront le chef et certains reconnaissent qu'elle a à ce jour suscité peu d'intérêt.

«Il faudrait définir le mot ferveur», a dit le député de Chomedey, Guy Ouellette, un pro-Bachand, quand on lui a demandé s'il sentait une ferveur sur le terrain.

Le chef par intérim, Jean-Marc Fournier, a dit que l'opposition officielle ne sera nullement paralysée par la course au leadership, même si elle gruge forcément beaucoup de temps et d'énergie chez bon nombre des députés qui constituent son équipe.

La rentrée sera sous le signe de l'économie et du financement des universités, a-t-il commenté en point de presse. Il s'est gardé d'aller aussi loin que Raymond Bachand, qui la veille a réclamé la démission du ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne.

La croissance économique doit aussi être assurée par l'exploitation des ressources naturelles, un enjeu qui retiendra l'attention des élus libéraux dans les prochains mois, a dit M. Fournier.

Sur ce point, les libéraux revendiquent le dépôt d'un projet de loi sur les redevances minières et les hydrocarbures d'ici le 1er avril. Les éventuels investisseurs ont le droit de savoir où le gouvernement loge en ce domaine, a indiqué M. Fournier en point de presse, cherchant à faire pression sur la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet.

Les libéraux pourront alors prendre une douce revanche, puisque Mme Ouellet avait mené une lutte acharnée contre le projet de réforme du régime minier des libéraux quand ils étaient au pouvoir, en réclamant qu'il inclue la question des redevances. De guerre lasse, les libéraux avaient laissé tomber et le projet de loi n'avait jamais été adopté.

«L'objectif c'est de pouvoir, à cette session-ci, avoir enfin la position du Québec pour les prochaines années, sur les redevances et sur comment on le fait», a réclamé M. Fournier, en fixant l'échéance au mois de juin pour l'adoption souhaitée du projet de loi.

«Il n'y a pas d'investisseurs si on ne connaît pas les règles», a-t-il tranché pour augmenter la pression.

Le gouvernement Marois s'est engagé à revoir le régime minier, en haussant substantiellement les redevances imposées aux compagnies minières.

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