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05/02/2013 03:15 EST | Actualisé 07/04/2013 05:12 EDT

Le Hezbollah, une formation libanaise appuyée par l'Iran et hostile à Israël

Le parti islamiste chiite libanais Hezbollah, accusé par la Bulgarie d'être derrière l'attentat anti-israélien perpétré le 18 juillet 2012, est l'allié indéfectible de l'Iran, qui a présidé à sa naissance en 1982, et de la Syrie qui l'a aidé militairement durant de nombreuses années.

Le "parti de Dieu" a été créé à l'initiative des Gardiens de la Révolution iraniens, dans la foulée de l'invasion israélienne du Liban. Il devient rapidement le fer de lance contre l'occupation israélienne du Liban-sud et ses opérations souvent meurtrières contraignent en 2000 l'Etat hébreu à retirer ses troupes du Liban après 22 ans d'occupation.

Ce combat, couplé à un solide réseau d'aides sociales, a rendu le parti très populaire, notamment au sein de la communauté chiite du pays (30% de la population).

Remarquablement organisé, le Hezbollah rassemble des milliers de militants actifs et dispose d'un puissant service de sécurité et de renseignements, ainsi que de son propre réseau de télécommunications.

Vivant dans la culture du secret, il voue une haine tenace à Israël.

Financé et armé par Téhéran, aidé par Damas qui favorise le transfert d'armes et munitions, ce mouvement, dirigé par son chef charismatique Hassan Nasrallah, va déclencher en 2006 une guerre avec l'Etat hébreu, en enlevant deux soldats israéliens à la frontière entre les deux pays.

Israël riposte par une vaste offensive dévastatrice, mais sans pouvoir neutraliser le parti, qui apparaît alors en position de vainqueur.

Cette épisode marquera son apogée. Le mouvement commence ensuite à être de plus en plus critiqué par une partie de la population.

En 2008, lors d'affrontements meurtriers entre ses partisans et ceux de Saad Hariri (sunnite), qui était alors un des dirigeants de la majorité parlementaire, le Hezbollah prend pendant quelques jours le contrôle du secteur de Beyrouth à majorité musulmane.

Il confirme ainsi sa puissance militaire, mais son image de défenseur de la nation se retrouve écornée, étant emporté dans les rivalités confessionnelles.

L'acte d'accusation émis par le Tribunal spécial sur le Liban contre quatre de ses cadres impliqués dans l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri en 2005, l'affecte également, même si ses responsables parlent de complot.

Le conflit en Syrie, où une révolte populaire déclenchée en mars 2011 est violemment réprimée par le pouvoir, écorne encore un peu plus son image. Le Hezbollah prend en effet position sans ambiguïté en faveur du régime de Bachar al-Assad et est accusé par l'opposition libanaise d'envoyer ses troupes d'élite pour combattre les rebelles aux côtés de l'armée syrienne.

Israël a mené mercredi un raid aérien en Syrie, l'Etat hébreu craignant des transferts d'armes au Hezbollah. Le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak, a réaffirmé dimanche qu'Israël ne permettrait pas que des armes soient transférées de Syrie au Hezbollah.

bur/feb/cco