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05/02/2013 07:19 EST | Actualisé 07/04/2013 05:12 EDT

Israël anticipe des tensions au nord en cas d'écroulement du régime syrien

L'éventuelle chute du président syrien Bachar al-Assad pourrait rallumer un front largement éteint dans le nord d'Israël, qui se retrouvera confronté à de nouvelles menaces, même si le Hezbollah libanais risque d'en sortir affaibli.

"Un changement en Syrie pourrait libérer des éléments radicaux à présent actifs contre le régime Assad", a indiqué à l'AFP un haut responsable de sécurité israélien sous le couvert de l'anonymat, en référence à des groupes jihadistes.

"Nous pourrions devoir faire face à des tentatives d'infiltration et des tirs" en provenance de Syrie, a-t-il ajouté, rappelant que cette frontière était l'une des plus calmes pour Israël depuis 40 ans.

Mais la menace immédiate est le risque que des armes syriennes, conventionnelles ou non, tombent "entre les mauvaises mains", a-t-il précisé, en référence au Hezbollah.

Le ministre israélien de la Défense Ehud Barak a assumé implicitement dimanche un raid aérien qui a visé le 30 janvier, près de Damas, un convoi de missiles sol-air ainsi qu'un ensemble de bâtiments soupçonnés d'abriter des armes chimiques, selon des sources militaires américaines.

"Le Hezbollah est un problème, mais les groupes jihadistes qui pourraient prendre le contrôle de la zone frontalière avec le Golan (syrien occupé par Israël, NDLR) ne sont pas moins dangereux. Ils auront les mêmes missiles, les mêmes munitions, mais moins de responsabilité" que le Hezbollah, prévenait la semaine dernière un éditorialiste du quotidien israélien Yediot Aharonot.

Toutefois, selon le général à la retraite Amnon Sofrin, ancien chef du renseignement au Mossad, le service de renseignements israélien, même si des jihadistes pourraient "profiter de la situation pour agir contre Israël", à ce stade seul le Hezbollah est capable d'installer des ogives chimiques sur les missiles à longue portée dont il dispose.

"L'armée israélienne, en particulier le Commandement Nord, reste en haute alerte face à une éventuelle riposte à l'attaque aérienne israélienne présumée", écrivait samedi le spécialiste militaire du quotidien Haaretz.

"Il y a moins d'inquiétude en Israël d'une riposte militaire syrienne que d'une éventuelle riposte du Hezbollah, ce qui a conduit à un relèvement de la sécurité dans les institutions israéliennes à l'étranger", a-t-il indiqué, évoquant également de possibles opérations du Hezbollah non revendiquées à la frontière nord.

Les médias israéliens ont rapporté mardi soir qu'une troisième batterie du système anti-missile Iron Dome avait été déployée dans le nord d'Israël. Une porte-parole de l'armée a confirmé la présence de batteries Iron Dome dans cette région, sans donner davantage de détails.

La Bulgarie a annoncé mardi que le mouvement chiite libanais était impliqué dans l'attentat anti-israélien perpétré le 18 juillet à l'aéroport de Bourgas (est), qui avait fait six morts, son ministre de l'Intérieur, Tsvetan Tsvetanov, faisant état d'"informations concernant des financements et une appartenance au Hezbollah de deux personnes, dont l'auteur de l'attentat".

Israël, qui accuse depuis le début l'Iran d'être le commanditaire de l'attentat, et le Hezbollah l'exécutant, ce que nie Téhéran, a aussitôt réitéré sa demande à l'Union européenne d'inscrire le mouvement chiite sur sa liste des "organisations terroristes".

"L'attaque de Bourgas était une attaque sur le sol européen contre un Etat membre de l'Union européenne. Nous espérons que les Européens vont tirer les conclusions qui s'imposent quant à la vraie nature du Hezbollah", a déclaré le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

Le général à la retraite Amnon Sofrin a également souligné le danger qu'un régime Assad aux abois en vienne à frapper Israël, en donnant au Hezbollah "la capacité de faire très mal à Israël".

Le responsable de sécurité israélien s'exprimant sous le couvert de l'anonymat estime néanmoins qu'à terme la chute du régime syrien porterait "un coup rude, mais pas mortel, au Hezbollah".

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