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05/02/2013 10:25 EST | Actualisé 07/04/2013 05:12 EDT

Iran: des experts de l'ONU demandent la libération des journalistes

Un groupe d'experts indépendants en droits de l'Homme mandatés par les Nations unies a exhorté mardi l'Iran à cesser immédiatement la vague d'arrestations de journalistes et à libérer ceux qui sont détenus, alors que Téhéran a annoncé une nouvelle vague d'interpellations.

"La récente vague d'arrestations de journalistes, arrêtés uniquement pour avoir exercé leurs activités professionnelles constitue une violation flagrante des obligations de l'Iran en vertu du droit international relatif aux droits de l'homme", déclarent ainsi les quatre experts dans un communiqué.

Selon les experts onusiens, la semaine dernière, les forces de sécurité sont intervenues dans cinq sièges de journaux, la plupart des médias indépendants. En outre, des mandats d'arrêt ont été lancés contre plusieurs autres journalistes. Par ailleurs, avant ces arrestations, plus de 40 journalistes étaient déjà emprisonnés en Iran, rapportent-ils.

Le groupe d'experts craint des pressions exercées sur les médias en vue de l'élection présidentielle de juin 2013, estimant que "les récentes arrestations peuvent servir à renforcer l'autocensure (...) à un moment critique du développement politique de l'Iran".

Les quatre experts onusiens signataires du communiqué sont le rapporteur spécial sur la liberté d'opinion et d'expression, le président-rapporteur du Groupe de Travail sur les Détentions Arbitraires, le rapporteur spécial sur les défenseurs des droits de l'homme et le rapporteur spécial sur la situation des droits de l'Homme en Iran.

Selon le ministère iranien du Renseignement, les journalistes arrêtés la semaine dernière en Iran collaboraient avec "un réseau médiatique lié à l'Occident", en prévision de la présidentielle de juin.

Les médias étrangers diffusant leurs programmes en persan, comme BBC Persian, Voice of America et Radio Free Europe/Radio Liberty's Radio Farda, sont accusés par Téhéran de participer au "complot" occidental pour déstabiliser le régime iranien.

Le ministère du Renseignement a par ailleurs annoncé mardi que plusieurs journalistes avaient été "arrêtés ou convoqués", lors d'une nouvelle vague d'interpellations.

"Après avoir identifié la totalité des éléments à l'intérieur du pays (...) tous les éléments basés à l'étranger ont été découverts", a indiqué le ministère dans un communiqué, cité par les médias iraniens, en faisant référence aux journalistes ayant fui l'Iran pour échapper à la répression du mouvement de contestation après l'élection présidentielle de 2009.

Le quartier général du réseau, basé à Londres, était "en coordination directe avec trois unités basées à Bruxelles, Paris et Istanbul", a affirmé le ministère.

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