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05/02/2013 06:03 EST | Actualisé 07/04/2013 05:12 EDT

Le gel pour atteindre la gratuité scolaire

Boréal

Le philosophe Michel Seymour s’invite dans le débat entourant les frais de scolarité avec le lancement de son dernier essai intitulé Une idée de l’université : Propositions d’un professeur militant publié chez Boréal. Selon l’auteur, le seul compromis possible – pour le moment – est le retour au gel des frais de scolarité, tout en préconisant la gratuité scolaire.

Près d’une année après le début du Printemps érable et à moins de quelques semaines du Sommet sur l’enseignement supérieur, le professeur de philosophie de l’Université de Montréal est catégorique. La seule avenue possible pour sortir de la turbulence étudiante de 2012 est d’imposer le gel des frais de scolarité.

Une solution mitoyenne entre les revendications étudiantes et les inspirations sociale-démocrates du Québec, pense-t-il. «Le compromis est le gel. C’est déjà une mesure concrète pour nous rapprocher de la gratuité», estime le professeur, Michel Seymour.

En prônant la gratuité, le professeur estime, entre autres, que c’est une façon d’assurer l’égalité des chances pour tous, plaide-t-il dans son essai, tout en se référant au théoricien John Rawls pour soutenir sa pensée.

Gel des frais

Ainsi, en conseillant le gel des frais de scolarité, Michel Seymour fait le calcul que le Québec se rapproche - d’une certaine façon - de la gratuité scolaire.

Comment ? Essentiellement parce que les frais de scolarité ne pourront plus grimper, contrairement au coût de la vie. Donc, on se retrouvera avec des frais de scolarité dérisoires, fait comme calcul le philosophe. «Le gel est une voie vers la gratuité. Mieux vaut que le prix reste le même pour le moment», poursuit-il.

Ouvrir le débat en vue du Sommet

En plus de revendiquer le gel des frais de scolarité, le professeur ne se gêne pas pour dénoncer l’attitude du gouvernement Marois et de son ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie, Pierre Duchesne.

Selon le philosophe, il est questionnable d’entendre un ministre exclure du débat la gratuité scolaire, et ce, avant même l’ouverture du Sommet sur l’enseignement supérieur. Une situation regrettable qui nuit au débat public entourant la façon de concevoir et de penser l’enseignement au Québec, dit-il.

«Le gouvernement avance l’idée de l’équilibre budgétaire pour rejeter le débat sur la gratuité scolaire. Dans ce cas, le gel s’impose», estime-t-il, d’une voix très convaincante.

Organiser un Sommet en parallèle

Pour remédier à la situation, Michel Seymour lance un appel à la société associative afin d’organiser un Sommet en parallèle à celui du gouvernement. De cette façon, il sera possible, selon lui, d’aborder l’ensemble des enjeux et pistes de solutions.

Une manière également de créer un réel débat de société concernant les frais de scolarité et la façon de penser l’enseignement supérieur au Québec. «Il ne faut pas refaire 25 manifestations pour se faire entendre. Il y a d’autres méthodes d’interventions, dit-il, tout en proposant une structure commune d’intervention afin de canaliser la pression.

Michel Seymour estime, de plus, que la crise étudiante de l’an dernier a permis, entre autres, de sortir le Québec de la morosité et de la léthargie ambiante de ces dernières années.

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