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02/02/2013 06:59 EST | Actualisé 04/04/2013 05:12 EDT

Syrie: Américains et Russes tentent d'aplanir leurs divergences à Munich

Américains et Russes tentaient samedi, en marge de la Conférence de sécurité à Munich, de gommer leurs "grandes divergences" sur la Syrie, le médiateur international Lakhdar Brahimi ayant prévenu que ce pays "éclatait de plus en plus chaque jour".

Parallèlement, les craintes d'une régionalisation restent vives, un haut responsable américain ayant confirmé un raid israélien cette semaine ayant visé près de Damas des missiles sol-air et un complexe militaire suspecté d'abriter des armes chimiques, l'Etat hébreu redoutant qu'elles ne soient livrées au Hezbollah libanais.

Le vice-président américain Joe Biden a exprimé son souhait que la communauté internationale renforce son soutien aux adversaires du régime de Bachar al-Assad, qu'il a qualifié de "tyran déterminé à se maintenir au pouvoir" mais "plus capable de diriger la nation".

"Nous travaillons ensemble, avec nos partenaires, pour qu'elle (l'opposition) devienne plus unie, plus solidaire", a-t-il déclaré, sans détailler, devant des responsables de nombreux pays réunis à Munich.

M. Biden devait s'entretenir avec le chef de l'opposition syrienne, Ahmed Moaz al-Khatib, et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, lors de rencontres bilatérales dans un grand hôtel de Munich.

Le vice-président américain a souligné que "de grandes divergences" demeuraient entre Washington et Moscou sur la Syrie, ensanglantée par plus de 22 mois de guerre civile ayant fait plus de 60.000 selon l'ONU. "Nous pouvons nous mettre d'accord sur le fait que le peuple syrien souffre".

Les pays occidentaux, Etats-Unis en tête, et certains pays arabes appellent le président Assad à céder le pouvoir, tandis que Moscou refuse son départ forcé.

Intervenant après le responsable américain, Sergueï Lavrov a souhaité que le Groupe d'action sur la Syrie, conduit par Lakhdar Brahimi, se réunisse à nouveau pour tenter de parvenir à une solution de transition, estimant que l'on pouvait "faire des progrès".

Vendredi soir, Lakhdar Brahimi avait déploré les multiples divisions entre Syriens et au sein de la communauté internationale qui ne permettent pas de progresser dans le sens d'une solution.

"Le pays éclate de plus en plus chaque jour", a regretté le diplomate algérien.

Le chef de l'opposition syrienne avait dénoncé pour sa part "le silence de la communauté internationale" face au régime syrien qui "détruit" le pays.

M. Khatib a précisé qu'il allait dire à M. Biden que "tout ce qui peut mettre fin à cette tragédie est acceptable". Il a notamment évoqué le recours à "des moyens électroniques" pour "empêcher les avions de bombarder".

Le chef de l'opposition, qui a créé le surprise mercredi en annonçant être prêt à entamer, sous conditions, un dialogue avec le régime, a renouvelé sa proposition à Munich.

"Le régime est soutenu par le silence de la communauté internationale", a-t-il dénoncé. "Si cela continue, il y aura des conséquences graves dans la région".

La crainte d'une contagion régionale du conflit syrien s'est d'ailleurs accentuée vendredi, le secrétaire à la Défense sortant Leon Panetta confirmant le récent raid aérien d'Israël près de Damas et laissant entendre que Washington soutenait cette action.

"Le chaos en Syrie a créé un environnement dans lequel la possibilité que ces armes traversent la frontière et tombent entre les mains du Hezbollah est devenue une inquiétude plus forte", a-t-il confié à l'AFP.

Damas avait accusé mercredi Israël d'avoir bombardé un centre de recherche militaire, menaçant de représailles, mais l'Etat hébreu n'a jamais confirmé.

M. Panetta a indiqué que Washington partageait le soucis d'Israël de "tout" faire "pour s'assurer que des armes telles que les missiles SA-17, ou des armes chimiques, ne tombent pas entre les mains de terroristes".

Sur le terrain, où les combats et les bombardements quotidiens font des dizaines de morts, les rebelles ont marqué un nouveau point en s'emparant de Cheikh Saïd, un quartier au sud d'Alep (nord), selon des habitants et l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"Les troupes de l'armée étaient épuisées après 48 heures de combat et se sont retirées du quartier", a affirmé un résident à l'AFP sous couvert de l'anonymat.

Il s'agit d'un secteur clé qui assure aux rebelles une voie d'accès à l'aéroport d'Alep, la deuxième ville du pays.

bur-ram/feb