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02/02/2013 03:20 EST | Actualisé 03/04/2013 05:12 EDT

La Syrie au coeur d'entretiens russo-américains à Munich

Américains et Russes vont tenter, en marge de la conférence de sécurité qui s'ouvre samedi à Munich, d'aplanir leurs divergences sur le conflit en Syrie, le chef de l'opposition syrienne se disant toujours prêt à dialoguer avec des représentants du régime de Bachar al-Assad.

Parallèlement, les craintes d'une régionalisation restent vives après qu'un haut responsable américain a confirmé qu'Israël a bombardé cette semaine près de Damas des missiles sol-air et un complexe militaire suspecté d'abriter des armes chimiques, l'Etat hébreu redoutant qu'elles ne soient livrées au Hezbollah libanais.

En Allemagne, en marge de la conférence de Munich, le vice-président américain Joe Biden, dont le pays soutient l'opposition syrienne, tentera de relancer les efforts pour parvenir à une issue au conflit sanglant, lors d'entretiens séparés avec le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, le médiateur international Lakhdar Brahimi et le chef de l'opposition Ahmed Moaz al-Khatib.

M. Brahimi a de nouveau estimé vendredi que la solution devait être trouvée par le Conseil de sécurité de l'ONU et a plaidé pour la mise en place d'un gouvernement de transition qui aurait "les pleins pouvoirs exécutifs".

M. Khatib, qui a créé le surprise mercredi en annonçant être prêt à entamer, sous conditions, un dialogue avec le régime, a renouvelé sa proposition à Munich, dénonçant le "silence" international.

"Nous sommes prêts à nous réunir autour d'une table de négociation avec ce régime", a déclaré le chef de la Coalition de l'opposition, tout en rejetant la présence de dirigeants ayant "du sang sur les mains".

"Le régime est soutenu par le silence de la communauté internationale", a-t-il dénoncé, qualifiant d'"inacceptable" l'inaptitude de la communauté internationale à agir, près de deux ans après le début du conflit qui a fait plus de 60.000 morts selon l'ONU.

"Si cela continue, il y aura des conséquences graves dans la région", a-t-il prévenu.

Le chef de l'opposition a précisé qu'il allait dire à M. Biden que "tout ce qui peut mettre fin à cette tragédie est acceptable". Il a notamment évoqué le recours à "des moyens électroniques" pour "empêcher les avions de bombarder".

La crainte d'une contagion régionale du conflit syrien s'est d'ailleurs accentuée vendredi, le secrétaire à la Défense sortant Leon Panetta confirmant le récent raid aérien d'Israël près de Damas et laissant entendre que Washington soutenait cette action.

"Le chaos en Syrie a créé un environnement dans lequel la possibilité que ces armes traversent la frontière et tombent entre les mains du Hezbollah est devenue une inquiétude plus forte", a-t-il confié dans un entretien exclusif avec l'AFP.

Damas avait accusé mercredi Israël d'avoir bombardé un centre de recherche militaire, menaçant de représailles, mais l'Etat hébreu n'a jamais confirmé.

M. Panetta a indiqué que Washington partageait le soucis d'Israël de "tout" faire "pour s'assurer que des armes telles que les missiles SA-17, ou des armes chimiques, ne tombent pas entre les mains de terroristes".

Sur le terrain, où les combats et les bombardements quotidiens font des dizaines de morts, les rebelles ont marqué un nouveau point en s'emparant de Cheikh Saïd, un quartier à l'extrémité sud d'Alep (nord), selon des habitants et l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"Les troupes de l'armée étaient épuisées après 48 heures de combat et se sont retirées du quartier", a affirmé un résident à l'AFP sous couvert de l'anonymat.

Il s'agit d'un secteur clé car il assure aux rebelles une voie d'accès à l'aéroport d'Alep, la deuxième ville du pays.

bur-ram/feb