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02/02/2013 04:36 EST | Actualisé 03/04/2013 05:12 EDT

Egypte: protestations après une vidéo d'un homme nu battu par la police

L'opposition égyptienne a appelé samedi à la démission du ministre de l'Intérieur après des séquences vidéo montrant un homme nu battu et traîné lors de la répression vendredi soir d'une manifestation devant le palais présidentiel au Caire.

"Les images horribles et déshonorantes montrant des officiers de la sécurité centrale et des policiers traînant et battant sauvagement un homme complètement nu autour du palais présidentiel doivent conduire à une démission immédiate du ministre de l'Intérieur" Mohamed Ibrahim, a déclaré Khaled Daoud, porte-parole du Front du salut national (FSN), principale coalition de l'opposition.

Une telle affaire "ne peut pas être réglée par de simples excuses du porte-parole du ministère de l'Intérieur", a-t-il ajouté, alors que les images, diffusées par des chaînes de télévision et sur l'internet, suscitaient de vives réactions sur les réseaux sociaux.

En soirée, le ministre s'est dit "prêt à démissionner immédiatement si cela arrange le peuple".

Sur la vidéo, on voit des policiers anti-émeutes battre l'homme avec des matraques, le bousculer et lui retirer ses vêtements, avant de le traîner tout nu sur le sol, puis de l'embarquer dans un fourgon blindé posté devant le palais.

L'homme, Hamadah Saber Mohamed Ali, un ouvrier de 50 ans, a été pris en chasse par des policiers car il était "en possession de 18 cocktails Molotov et de deux bidons d'essence", a annoncé le parquet en citant les premiers éléments de l'enquête.

Mais le ministre de l'Intérieur a donné dans la soirée une autre version des faits: l'homme a été "déshabillé par des agitateurs" et touché à un "pied à la chevrotine". Des policiers "ont tenté de le porter jusqu'au fourgon blindé, même si la manière de l'avoir traîné a été entachée d'abus".

Dans une interview à la télévision d'Etat, l'homme a affirmé que des manifestants l'avaient pris pour un policier et l'avaient déshabillé.

"Ils m'ont entouré et m'ont malmené. Ils m'ont pris mes vêtements, et après ils ont dit +eh mais cet homme n'est pas un policier, c'est un vieil homme+", a-t-il déclaré.

Ensuite, "j'ai essayé de résister à la police parce que je ne voulais pas aller dans leur véhicule, mais j'ai alors réalisé qu'ils essayaient de me sauver", a-t-il poursuivi.

Peu après la diffusion de cette interview, des proches de la victime ont déclaré sur plusieurs chaînes de télévision que l'homme mentait car il faisait "l'objet de beaucoup de pressions" et qu'il avait peur.

Le président Mohamed Morsi a dénoncé "des actes de vandalisme" ayant émaillé les manifestations de vendredi mais aussi évoqué de possibles "violations des libertés civiles".

"La présidence ne tolèrera pas de tels abus", a-t-elle affirmé dans un communiqué, notant que "dans un incident, un individu a été vu alors qu'il était traîné et battu par la police, et le ministère de l'Intérieur a annoncé une enquête".

"C'est un acte isolé", a affirmé le ministère de l'Intérieur en présentant ses "excuses" pour l'incident dans un communiqué.

Le FSN, qui s'est réuni dans l'après-midi pour examiner sa stratégie après les violents affrontements, a affirmé soutenir les appels des manifestants au départ de M. Morsi, et réclamé que le président soit traduit en justice pour les "crimes" des forces de l'ordre.

Fin 2011, l'image d'une manifestante voilée que l'armée traînait sur la chaussée près de la place Tahrir au Caire, mettant à découvert son ventre et son soutien-gorge, avait provoqué l'indignation à travers le pays et dans le monde.

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