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02/02/2013 08:38 EST | Actualisé 04/04/2013 05:12 EDT

Des jeunes des favelas de Rio rêvent d'un avenir de stars du foot

Alan veut devenir footballeur professionnel pour sortir de la misère. Sur un terrain boueux se joue une partie de son rêve: il essaye d'attirer l'attention des chasseurs de talent venus dénicher la perle rare parmi les jeunes des favelas de Rio.

La Coupe des favelas réunit chaque année en janvier quelque 800 joueurs de 14 à 17 ans de 80 favelas de la ville, où, comme partout au Brésil, le football est presque une religion.

La favela de Mata Fechada, où vit Alan, est petite et peu connue, bien qu'elle soit située près de la statue du Corcovado, le Christ aux bras ouverts qui domine la baie de Rio.

Ce dimanche matin, très tôt, les jeunes se rassemblent à l'entrée de la favela. En attendant le car qui les conduira au stade, ils se racontent des blagues pour faire baisser la tension avant le grand match: ils sont en phase éliminatoire et une victoire les placerait en demi-finales.

"Je crois que chacun d'entre nous veut devenir joueur professionnel et veut porter le maillot de la Seleçao", dit Alan à l'AFP.

La vie de cet attaquant de 17 ans n'a pas été facile: "parfois on n'avait que des haricots noirs et du riz à manger, je dois faire mon possible pour devenir joueur de football et aider ma famille".

C'est le rêve de tous les gamins pauvres au Brésil, qui se prépare à accueillir le Mondial-2014: devenir le prochain Zico, Ronaldo ou Neymar. La Coupe des favelas leur sert de tremplin.

A chaque match du tournoi, les grandes équipes de Rio envoie des chasseurs de talent pour évaluer les compétences de chaque joueur et dénicher la perle rare.

"Regardez: Botafogo, Vasco, Flamengo, Fluminense, ils sont tous là et attendent de vous voir jouer! C'est la chance que vous attendiez, il faut la saisir", lance l'entraîneur Cafu à ses joueurs, avant leur entrée sur le terrain.

Agé de 36 ans, Cafu a été l'un de ceux qui ont eu un jour la chance d'être choisis. Mais il l'a laissée s'envoler. Invité à 15 ans à rejoindre le club allemand de Stuttgart, son manque de discipline et la nostalgie de sa famille ont tout fait capoter. Il est revenu dans la favela de Mata Machado.

"Nous suivons quelques joueurs qui se sont détachés du lot pour qu'ils puissent faire leurs preuves avec des équipes professionnelles", explique au bord du terrain Amilton de Oliveira, chasseur de talent de l'agence Deponto.

Alan intéresse le club de Madureira, une équipe modeste mais professionnelle, qui a un oeil aussi sur l'arrière, Iuri, âgé de 14 ans.

Anderson Basilio prend trois bus différents pour arriver au centre d'entraînement de Flamengo, le club le plus populaire de Rio et un des plus grands du pays.

"Quand je suis arrivé au Flamengo, je ne pouvais pas revenir en arrière. Je me suis entraîné, j'ai connu les grands joueurs et je me pinçais pour être sûr de ne pas rêver, mais non, c'est la réalité, c'est mon rêve et je vais y arriver", dit le jeune, fier de porter le maillot rouge et noir.

Anderson a disputé la Coupe des favelas l'an dernier et son équipe Vila Carioca a terminé à la 3e place. Il avait été désigné meilleur défenseur du tournoi.

Son père, Gelse, qui a été gardien de but dans les équipes de jeunes du Flamengo, est sûr que l'avenir de son fils est sur un terrain de foot.

"Si je n'ai pas réussi à devenir joueur professionnel, lui le sera", dit avec fierté cet homme de 48 ans, aujourd'hui chômeur.

Signera-t-il un contrat pro ? Consultée par l'AFP, la direction du Flamengo ne s'est pas prononcée sur l'avenir de Basilio.

Quant à l'équipe de la favela de Mata Machado, elle a finalement été éliminée en demi-finales, mais est partie la tête haute et plein d'espoirs. Alan recevra-t-il le coup de fil d'un club professionnel?

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