NOUVELLES
01/02/2013 12:06 EST | Actualisé 03/04/2013 05:12 EDT

USA: l'emploi continue de résister aux aléas budgétaires

L'emploi américain a montré de légers signes de tassement en janvier mais continue de résister aux aléas économiques et à l'incertitude budgétaire aux Etats-Unis.

A priori, les chiffres publiés vendredi par le département du Travail n'incitent guère au triomphalisme. L'économie américaine a créé 157.000 emplois en janvier, 39.000 de moins qu'en décembre, et n'a pas su empêcher une légère remontée du taux de chômage, la première depuis octobre, à 7,9%.

D'après les données du gouvernement, les Afro-Américains en sont les premières victimes: 13,8% d'entre eux sont à la recherche d'un emploi tout comme, au total, 12,3 millions de leurs concitoyens.

"Cela fait trop longtemps que ça dure", a lancé le chef de file des républicains à la Chambre des représentants, John Boehner, tandis que la Maison Blanche répétait une nouvelle fois qu'il restait "fort à faire".

Mais au-delà de la traditionnelle querelle politique, le détail des chiffres dessine une réalité plus complexe et, selon plusieurs analystes, moins maussade qu'il n'y paraît.

Le rapport publié vendredi apporte ainsi une bonne nouvelle de taille: les derniers mois ont été bien meilleurs que prévu. En novembre, ce sont finalement 247.000 emplois qui ont été créés et non pas 161.000 comme annoncé précédemment. La révision a également été significative en décembre (196.000 contre 155.000).

Au final, 181.000 emplois ont en moyenne été ajoutés chaque mois à l'économie en 2012 alors que le gouvernement n'en annonçait jusque-là que 153.000.

"Ces révisions soulignent davantage encore à quel point le marché du travail américain a été résistant au cours des deux précédents trimestres", note Harm Bandholz, chef économiste d'UniCredit Research.

Les Etats-Unis ont pourtant connu plusieurs mois agités: l'ouragan Sandy a paralysé une partie de l'activité du pays fin octobre et le débat sur la cure d'austérité du "mur budgétaire" a fait trembler le gouvernement et les entreprises, faisant même craindre un retour à la récession.

Le produit intérieur brut américain a d'ailleurs reculé de 0,1% au quatrième trimestre, même s'il a progressé de 2,2% sur l'ensemble de 2012.

Et le début de l'année n'a pas été particulièrement enthousiasmant. Républicains et démocrates continuent de s'affronter sur le plafond de la dette, agitant l'impropable spectre d'un défaut de paiement du pays, même s'ils se sont accordé un répit jeudi.

"Le rapport d'aujourd'hui sera peut-être perçu de manière négative par un certain nombre de marchés, notamment au regard des récentes données sur le PIB, mais il n'est pas mauvais", tranche Jason Schenker, du cabinet Prestige Economics.

Même la remontée du taux de chômage suscite quelques espoirs. Selon plusieurs analystes, elle est avant tout liée à la légère augmentation de la population active observée en janvier, dopée par l'arrivée de personnes qui étaient totalement hors du circuit de l'emploi.

"Cela pourrait laisser entendre que des personnes sont de retour sur le marché du travail", commente Julien Thomas, économiste à Natixis.

Le tableau global reste toutefois mitigé. Huit millions d'actifs restent contraints de travailler à temps partiel et, selon les standards américains, le taux de chômage reste à un niveau élevé alors qu'il était à 5,8% en 2008, avant le déclenchement de la crise financière.

Résultat: la Banque centrale américaine (Fed) qui attend que le chômage retombe sous les 6,5% pour ralentir son soutien à l'économie, devrait continuer à faire fonctionner la planche à billets, au risque de faire gonfler encore la dette américaine ou de refaire naître des bulles spéculatives.

"L'attente va être plus longue pour la Fed", pronostique Chris Low, de FTN Financial.

jt/sl/lor