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01/02/2013 12:22 EST | Actualisé 03/04/2013 05:12 EDT

Un attentat antiaméricain en Turquie entache le dernier jour de Clinton

Hillary Clinton vit vendredi ses dernières heures comme secrétaire d'Etat et devait prendre un bain de foule au milieu de centaines d'employés, mais sa journée est entachée par un attentat antiaméricain à Ankara, après une série d'attaques et menaces dans des pays musulmans.

Deux heures et demi après l'explosion d'une bombe devant son ambassade dans la capitale turque, le département d'Etat a souligné qu'un attentat "terroriste" avait secoué le périmètre de sa chancellerie, mais sans donner de précisions sur les victimes ni sur les dégâts.

Un kamikaze a fait sauter sa bombe à 11H14 GMT devant l'ambassade des Etats-Unis à Ankara, entraînant dans sa mort un agent turc de sécurité et blessant gravement une femme, selon les autorités turques, lesquelles ont imputé l'attentat à l'extrême gauche.

"Nous travaillons en étroite collaboration avec la police turque pour faire une évaluation complète des dégâts et un bilan des victimes et pour mener les premières investigations", a déclaré la porte-parole de la diplomatie américaine, Victoria Nuland.

Sur place, l'ambassadeur américain Francis Ricciardone a ajouté que les Etats-Unis étaient "bien sûr très tristes (d'avoir) perdu l'un de nos gardiens turcs à l'entrée".

"Le complexe est sécurisé, nous nous sentons tous en sécurité grâce à votre action", a ajouté le diplomate à l'adresse de la Turquie, alliée de Washington et membre de l'Otan. "Nous sommes chez des amis (...) nous allons continuer à combattre le terrorisme ensemble", a assuré M. Ricciardone.

Cet attentat survient au moment où les Etats-Unis, l'Allemagne et les Pays-Bas viennent de déployer en Turquie, sous couverture de l'Otan, des batteries de missiles sol-air Patriot destinées à la protéger d'éventuelles attaques venues de Syrie.

Des télévisions turques ont également fait un lien avec une possible visite en Turquie fin févier de John Kerry, qui sera officiellement secrétaire d'Etat ce vendredi après-midi, en remplacement de Mme Clinton.

Cette dernière, au sommet de sa popularité, s'offre depuis une semaine un concert de louanges après avoir porté pendant quatre ans partout dans le monde la politique étrangère américaine. Vendredi, elle doit prendre un bain de foule dans le grand hall de son ministère, retransmis en direct sur la télévision interne du département d'Etat, pour dire au revoir aux 70.000 personnes qui font tourner les 275 ambassades et consulats américains.

Le premier réseau diplomatique de la planète, chapeauté par le gigantesque département d'Etat à Washington, reste traumatisé par l'attentat contre son consulat à Benghazi en Libye le 11 septembre dernier. Cette attaque aux armes de guerre et aux explosifs, perpétrée par des miliciens islamistes, avait coûté la vie à l'ambassadeur en Libye et à trois autres agents américains. Mais Washington avait tardé à en reconnaître la nature "terroriste".

A la même époque, les ambassades américaines en Egypte, en Tunisie, au Soudan, au Yémen ou encore au Pakistan avaient été la cible de manifestations violentes ou de menaces provoquées par un film amateur américain islamophobe.

Washington a aussi perdu à la mi-janvier trois ressortissants tués dans une sanglante prise d'otages dans une usine gazière du sud de l'Algérie.

Dans son dernier grand discours de politique étrangère, Mme Clinton avait reconnu jeudi que "le monde rest(ait) dangereux et compliqué" et que l'Amérique "fai(sait) toujours face à de nombreux défis difficiles", notamment dans le monde arabo-musulman.

Et à la veille de sa dernière journée comme secrétaire d'Etat, elle avait pris ses précautions: "Dans cette fonction, il est dur de dire de quoi demain sera fait", avait-elle lancé.

nr/rap