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01/02/2013 02:07 EST | Actualisé 03/04/2013 05:12 EDT

Réforme de l'assurance-emploi: Stephen Harper n'a pas rassuré Pauline Marois

LÉVIS, Qc - La première ministre Pauline Marois s'est montrée guère rassurée, vendredi, à la suite de son entretien avec son homologue fédéral Stephen Harper, à propos de la réforme controversée de l'assurance-emploi.

En point de presse, à l'issue de la rencontre, Mme Marois a dit que M. Harper avait tenté de la convaincre que ses appréhensions n'étaient pas fondées et que la réforme adoptée à Ottawa ne pénaliserait pas les travailleurs saisonniers québécois, comme elle le prétend.

Mais Mme Marois a dit qu'elle demeurait malgré tout «très sceptique», convaincue, au contraire, que ces changements allaient faire en sorte que de nombreux travailleurs ne pourront plus se qualifier à l'assurance-emploi.

«Son interprétation de sa loi est un peu différente de celle que nous en faisons», a commenté Mme Marois.

«Je lui ai dit que je demeurais très sceptique», a-t-elle ajouté, promettant de faire preuve de vigilance. Elle va demander qu'on lui fournisse des rapports sur l'impact réel de la réforme sur les travailleurs saisonniers québécois.

Malgré l'insistance et les doutes de la première ministre québécoise, M. Harper est demeuré ferme sur ses positions, écartant tout assouplissement à sa réforme.

M. Harper maintient donc la ligne dure avec sa réforme du programme de l'assurance-emploi.

Plus tôt, lors d'un bref point de presse, en marge d'une annonce d'investissement dans une infrastructure à la traverse de Lévis, il avait réaffirmé que l'assurance-emploi était «une compétence clairement fédérale selon la Constitution canadienne».

Selon le gouvernement Marois, la réforme adoptée récemment par Ottawa pénalise particulièrement le Québec, dont l'économie repose en bonne partie sur les emplois saisonniers, notamment dans les domaines du tourisme, de la foresterie et de la pêche.

La réforme entrée en vigueur en janvier a pour effet, notamment, d'élargir le territoire de recherche d'emploi imposé aux chômeurs, un irritant majeur aux yeux des travailleurs saisonniers qui multiplient les manifestations depuis l'adoption de la réforme.

Dans ce dossier, le gouvernement du Québec craint qu'Ottawa ne lui refile la facture, étant donné que de nombreux travailleurs saisonniers ne pouvant plus se qualifier à l'assurance-emploi risquent de frapper à la porte du programme d'aide sociale, qui lui est du ressort de Québec.

Le bureau de M. Harper a émis un communiqué après la rencontre et a déclaré qu'il avait assuré Mme Marois que les travailleurs saisonniers des régions du Québec qui ne trouvent pas de travail continueront à recevoir des prestations.

Par ailleurs, à propos de la visite de la première ministre Marois en Écosse cette semaine, M. Harper a dit qu'il ne voulait pas faire de commentaires sur les voyages des autres premiers ministres du pays. L'Écosse est dirigée par un gouvernement souverainiste.

«Dans notre fédération, les premiers ministres ont le droit de voyager et de promouvoir leur agenda et leur programme», a-t-il dit lors de son point de presse.

C'était la première rencontre entre M. Harper et Mme Marois en sol québécois. Ils s'étaient vus, brièvement, une première fois, en octobre dernier, lors du Sommet de la Francophonie, à Kinshasa, au Congo.

M. Harper était à Lévis pour confirmer la participation de son gouvernement à un investissement de quelque 19 millions $ visant à aménager une infrastructure à la traverse de Lévis, sur la rive-sud de Québec.

Le coût total du projet (construction d'une promenade bordée d'une fontaine et de restaurants), déjà annoncé en 2010, sera assumé à parts égales par les trois paliers de gouvernement (Ottawa, Québec et Lévis). La première pelletée de terre est attendue dès cet été.

La rencontre entre les deux premiers ministres a permis d'aborder d'autres sujets d'intérêt commun, comme l'accord de libre-échange Canada-Union européenne et la nécessaire concertation fédérale-provinciale souhaitée dans le dossier de la construction du nouveau pont Champlain à Montréal. Québec et Ottawa ont donc convenu de créer une table formelle de concertation dans ce dossier.

Au total, Mme Marois a dit qu'elle était «très satisfaite» de sa rencontre avec M. Harper.