NOUVELLES
01/02/2013 08:20 EST | Actualisé 03/04/2013 05:12 EDT

Nouvelle démonstration de force des sunnites irakiens contre Maliki

Des dizaines de milliers de personnes ont à nouveau manifesté vendredi dans les provinces majoritairement sunnites d'Irak pour exiger le départ du Premier ministre chiite Nouri al-Maliki, une semaine après la mort de huit protestataires, tués par l'armée à Falloujah.

Dans cette ville du centre de l'Irak, des milliers de personnes occupaient une portion de l'autoroute qui mène à Bagdad, distante de 60 km, pour dénoncer la "marginalisation" dont elles s'estiment victimes.

"Nous voulons la chute du régime sans négociations", clamait une banderole.

Pour la première fois depuis le début de la vague de contestation, des manifestants sont morts le 25 janvier à Falloujah, lorsque l'armée a ouvert le feu. Huit personnes ont été tuées et 59 blessées. En représailles, deux soldats ont été abattus et trois enlevés.

"Je continuerai à manifester, même si j'étais le seul", a affirmé devant la foule Oussama Naïf, un manifestant de 25 ans blessé la semaine dernière.

A Ramadi, chef-lieu de la province d'Anbar, certains brandissaient des drapeaux irakiens datant de l'époque de Saddam Hussein, le président sunnite déchu en 2003 lors de l'invasion du pays.

"J'appelle la Ligue arabe et l'ONU à protéger les manifestants et à mettre le gouvernement irakien sous pression pour que les revendications du peuple soient entendues", a déclaré un manifestant, Abdelrahmane al-Ghaoui, à l'AFP.

A Azamiya, un quartier du nord de Bagdad, plusieurs centaines de sunnites se sont rassemblés à proximité du mausolée de l'imam Abou Hanifa. "Nous allons continuer à manifester jusqu'à ce que tous les prisonniers soient libérés", a assuré Omar, 23 ans.

Bien plus au nord, à Mossoul, des centaines de personnes ont battu le pavé en appelant M. Maliki à démissionner. "Assez d'injustice et de sang versé. Pars Maliki!", pouvait-on lire sur une banderole.

Les protestataires sunnites se disent "lésés" par le gouvernement de M. Maliki. Ils exigent, entre autres, la libération de détenus incarcérés à tort, selon eux, ainsi que l'abrogation de lois antiterroristes dont ils pensent faire les frais.

Jeudi, dans un message audio, la branche d'Al-Qaïda en Irak a dit soutenir les manifestants et les a appelés à "prendre les armes" contre le gouvernement.

"Vous avez deux options", a expliqué Abou Mohammed al-Adnani, porte-parole du réseau extrémiste en Irak, dans ce message publié sur un site jihadiste. "Soit vous vous prosternez (devant le gouvernement), et c'est impossible, soit vous vous armez et vous aurez le dessus".

Les manifestations ont commencé fin décembre, après l'arrestation de gardes du corps du ministre sunnite des Finances.

Le gouvernement a depuis lâché du lest: il a relâché environ 900 prisonniers ces dernières semaines et augmenté les salaires versés aux miliciens anti-Al-Qaïda des Sahwa (Le réveil, en arabe), mais les manifestants réclament désormais le départ du Premier ministre.

bur-gde/cco