POLITIQUE
01/02/2013 05:56 EST | Actualisé 01/02/2013 10:37 EST

Une pétition pour modifier la Charte de la langue française

close up of business people...
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Atteinte d’un trouble de langage, une citoyenne a décidé de partir en croisade aux quatre coins du Québec afin de demander un amendement à l’article 35 de la Charte de la langue française. L’objectif : faire reconnaître l’utilisation d’aides techniques - lors d’une limitation fonctionnelle - dans le secteur scolaire et sur le marché du travail.

En effet, comme la Charte de la langue française protège la qualité de la langue, il semble que «lors de tests d’embauche ou examens scolaires, plusieurs citoyens ayant une déficience se voient refuser ou retirer leurs moyens ou aides techniques pour pallier leur déficience sous prétexte qu’ils doivent démontrer une maîtrise de la langue française», explique Chantal Fortin. Pour remédier à la situation, Mme Fortin a décidé de lancer une vaste pétition, via le site de l’Assemblée nationale.

Cette dernière n’a pas froid aux yeux. Âgée de 49 ans, elle a décidé de prendre le taureau par les cornes et de sortir de son placard. Lequel? Celui relié au trouble du langage. «J’ai décidé de sortir du placard pour servir de modèle», dit-elle, très humblement.

Atteinte d’un trouble de langage, à l’écrit comme à l’oral, Chantal Fortin doit utiliser des aides techniques. Ces outils sont, pour elle, comme une béquille nécessaire et primordiale pour fonctionner.

«Mes outils sont pour moi comme des orthèses. Elles sont comme, par exemple, une chaise-roulante pour un personne avec un handicap physique. Elles me permettent de développer mon autonomie», explique-t-elle, la voie émue mais convaincante.

Reconnaître les outils?

Chantal Fortin n’est pas la seule à avoir recours à des aides techniques pour la maîtrise du français. En effet, selon plusieurs études médicales, il a été démontré que certaines déficiences comme le trouble de déficit de l’attention avec hyperactivité et la dyslexie, par exemple, demandent l’utilisation d’aides techniques ou humaines pour écrire dans la langue de Molière.

«Si une personne peut passer un test d’embauche avec ses outils, elle va être en mesure de démontrer ses capacités. Et, une fois embauchée, cette personne sera en mesure de faire son travail comme les autres», estime-t-elle.

«Il y a entre 20 à 40% de la population qui ont besoin d’aide techniques, précise-t-elle. C’est un ajout qu’on demande à la Charte. On veut faire préciser qu’on peut démontrer une qualité de la langue française, même avec l’utilisation des aides techniques. Une telle modification permettrait, notamment, de faire tomber des préjugés», croit l’instigatrice de la démarche.

Motivée à se battre pour défendre les droits des personnes avec une déficience du langage, Chantal Fortin n’exclut pas une démarche juridique, par la suite. «Il y a actuellement encore beaucoup de barrières», note-t-elle.

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