DIVERTISSEMENT
01/02/2013 07:57 EST | Actualisé 01/02/2013 08:06 EST

Marius et Fanny, au Théâtre du Rideau Vert: romance à la marseillaise (PHOTOS)

Théâtre du Rideau Vert

Il faut lever bien haut notre chapeau aux acteurs de la pièce Marius et Fanny qui, pendant un peu plus de deux heures sur la scène du Théâtre du Rideau Vert, parviennent à tenir à la perfection l’accent marseillais qui colore les dialogues pleins d’humour et de chaleur de l’illustre Marcel Pagnol. Entre gentil cabotinage et envolées lyriques drôles ou teintées d’émotion, le défi de la langue est réel, et nos têtes d’affiche le relèvent ici à merveille.

Sinon, les membres de la distribution de cette mise en scène signée Normand Chouinard, Rémy Girard en tête, semblent prendre beaucoup de plaisir à faire revivre ce classique au goût de Provence, où se côtoient raison et désillusion, mais aussi amour, passion, tendresse et liberté. Les spectateurs sortiront de la salle assurément réjouis.

Marius et Fanny nous entraîne au sud de la France, dans le Vieux-Port de Marseille du début des années 30. Deux jeunes adultes, Marius (François-Xavier Dufour) et Fanny (Marie-Pier Labrecque), amis d’enfance et secrètement épris l’un de l’autre depuis toujours, se font une cour discrète dans le décor du Bar de la Marine, propriété de César (Rémy Girard), le père de Marius. Bien vite, leurs jeux de séduction un peu mièvres se transforment en romance plus sérieuse, les amenant à discuter engagement et mariage.

Mais Marius ressent l’appel du large. Au sens propre. Terrifié à l’idée de passer sa vie derrière le comptoir d’un bistro, le garçon rêve de devenir marin. L’appuyant dans ses projets, sa promise réalisera toutefois rapidement que les ambitions de son homme sont grandes et qu’il lui sera pénible de dédier son existence à l’attendre sagement à la maison. Convaincue qu’elle ne pourra l’emporter devant cette rivale de taille qu’est la mer, Fanny rend donc à Marius sa liberté. « Cette corde qui te tire ne se cassera jamais », lui lancera-t-elle, peu avant l’entracte. De son côté, la belle noiera son chagrin en se tournant vers Panisse (Manuel Tadros), un riche veuf beaucoup plus âgé qu’elle, un peu opportuniste mais charmeur, qui soupire à ses pieds depuis belle lurette.

En deuxième partie du spectacle, les événements se bousculeront et Fanny, pressée par sa mère, Honorine (Danièle Lorain) et sa tante, Claudine (Sophie Faucher), sera forcée de faire des choix déchirants. Coincée entre son cœur, toujours pétri par son amour pour Marius, et sa raison, qui la pousse à vouloir sauver l’honneur de sa famille, la demoiselle optera pour la décision la plus sage. Lorsqu’il reviendra auprès des siens, après 18 mois de cavale, Marius constatera que le temps a fait son œuvre et que les choses ne sont plus comme elles étaient jadis. La finale de l’histoire en décevra peut-être quelques-uns; les plus romantiques crieront à l’injustice, tandis que les autres y verront un dénouement logique…

Divertissants personnages

Le principal attrait de Marius et Fanny repose sur sa galerie de personnages grandiloquents, toujours intenses, bien représentatifs de l’époque et de la région qu’ils recréent. Dans la peau de César, attachant bougre au caractère de feu, papa aimant derrière une façade de marbre, Rémy Girard amuse sans voler la vedette. Avec ses comparses Panisse, Escartefigue (Frédéric Desager) et Monsieur Brun (Jean Marchand), le personnage offre de savoureux moments de répliques cinglantes, de taquineries bien visées et de tricheries – peu subtiles! – aux cartes. La complicité entre les comédiens est ici palpable. Beaux à croquer, François-Xavier Dufour et Marie-Pier Labrecque donnent vie à un Marius et une Fanny fougueux, tourmentés entre le feu qui brûle entre eux et leurs aspirations personnelles. Et Danièle Lorain s’éclate visiblement sous les traits de cette maman exaltée, soucieuse des apparences et des qu’en-dira-t-ton. Les décors conçus par Jean Bard illustrent aussi bien l’atmosphère estivale, légère, qui englobe l’ensemble de l’œuvre de Pagnol.

Marius et Fanny se veut le collage des deux premiers volets de la Trilogie marseillaise de Marcel Pagnol, à l’origine composée de trois textes distincts, Marius, Fanny et César. La création est présentée au Théâtre du Rideau Vert jusqu’au 23 février. Pour informationwww.rideauvert.qc.ca: www.rideauvert.qc.ca.

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