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01/02/2013 02:46 EST | Actualisé 03/04/2013 05:12 EDT

Le procès de 24 Sahraouis s'ouvre devant un tribunal militaire marocain

Le procès de 24 Sahraouis poursuivis pour "assassinat" de membres des forces de l'ordre lors du démantèlement en 2010 du camp de Gdim Izik au Sahara occidental, s'est ouvert vendredi devant le tribunal militaire de Rabat avant d'être ajourné au 8 février.

L'ouverture du procès, qui avait été reporté sine die en octobre, a donné lieu à des manifestations rivales devant le tribunal, où de nombreux policiers étaient mobilisés, selon un photographe de l'AFP. Malgré la tension palpable, il n'y a pas eu d'incident.

Cette affaire est suivie de près au Maroc mais aussi à l'étranger -avec la présence de plusieurs dizaines d'observateurs-, compte tenu de la sensibilité de la question du Sahara occidental, une région contrôlée par le Maroc mais revendiquée par des indépendantistes.

Les 24 accusés sont poursuivis pour "constitution de bandes criminelles, violences sur les forces de l'ordre ayant entraîné la mort avec préméditation et mutilation de cadavres". Ils risquent la peine de mort, selon des ONG.

Face aux familles des membres des forces de l'ordre tués qui réclament justice, les militants sahraouis dénoncent des "actes de torture" contre les accusés ainsi que leur jugement devant une cour militaire.

"Le procès de civils devant une cour militaire ne répond pas aux normes internationales reconnues pour un procès équitable" et "les allégations de torture (...) doivent faire l'objet d'une enquête", a affirmé l'ONG Amnesty International dans un communiqué.

Après plus de cinq heures d'audience, le procès a été ajourné "à la demande des avocats de la défense pour préparer leurs dossiers et convoquer des témoins", a rapporté l'agence marocaine MAP.

A l'aube du 8 novembre 2010, les forces de l'ordre marocaines étaient intervenues à Gdim Izik près de Laâyoune pour démanteler un campement contestataire comptant alors, selon des observateurs de l'ONU, jusqu'à 3.000 tentes.

Cette intervention avait dégénéré en violents affrontements puis en une émeute à Laâyoune, la plus grande ville du Sahara occidental, où des administrations et commerces avaient été incendiés. Selon Rabat, 11 membres des forces de l'ordre ont été tués et plusieurs dizaines blessés.

Ex-colonie espagnole, le Sahara occidental est contrôlé depuis les années 1970 par le Maroc qui lui propose une large autonomie sous sa souveraineté. Mais les indépendantistes du Front Polisario, soutenus par l'Algérie, réclament un référendum d'autodétermination.

L'émissaire de l'ONU Christopher Ross doit effectuer en février une nouvelle tournée en Europe pour tenter de relancer les négociations qui n'ont jusqu'à présent permis aucune avancée. L'ONU compte une mission dans la région (Minurso), chargée de surveiller un cessez-le-feu intervenu en 1991.

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