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01/02/2013 05:20 EST | Actualisé 03/04/2013 05:12 EDT

Ici Chez-soi de l'ONF: Jason - sortir de la spirale (VIDÉO)

Jason a connu l'itinérance chronique après une série d'événements fâcheux, dont un diagnostic d'épilepsie. Il habite aujourd'hui dans son propre logement, où il a accueilli Naveed, chercheur pour le projet Ici, Chez soi à Toronto. Le réalisateur Manfreed Becker est derrière la caméra.

Ici, Chez soi est un documentaire Web de l'ONF dans les coulisses de Chez soi, une grande enquête de la Commission de la santé mentale du Canada pour stopper l'itinérance chronique. Le concept? Donner un toit aux sans-abri.

Contrairement aux 299 participants de Chez soi qui reçoivent un soutien financier, logistique et psychosocial dans la métropole canadienne, Jason fait partie du groupe-témoin de l'étude : après avoir été recruté par l'équipe du projet, il a appris qu'il ne serait pas logé. Il a dû se débrouiller seul – l'appartement visité dans le film n’a donc pas été fourni par l'étude.

Dans le film Aucune de ces réponses, Jason répond aux questions de Naveed sur son état de santé, son bien-être et sa situation générale. Au fur et à mesure que le chercheur déballe les questions, Jason dévoile une partie de son histoire : il a été abusé physiquement lorsqu'il n'était qu'un enfant. Il a choisi de porter plainte contre son agresseur, qui habite en Alberta.

Ce qui saute aux yeux, dans le témoignage de Jason, c'est le réconfort que lui apporte cette rencontre avec un chercheur d'une étude scientifique et le réalisateur d'un documentaire. Cette interaction, qui peut sembler banale, est très significative quand on habite seul et qu'on est rarement en contact avec quelqu'un qui s'intéresse à son histoire.

Du bout des lèvres, Jason concède à Naveed que la stigmatisation que vivent les hommes victimes d'abus sexuels est dure à vivre. Dans ses yeux, on sent toute la portée de cette épreuve sur les autres aspects de son existence. En fin d'entrevue, Jason se montre toutefois optimiste : il a choisi de se rétablir pour offrir un avenir à son fils. La naissance de celui-ci a toutefois été un élément déclencheur qui a conduit Jason dans la spirale de la dépression, de laquelle il vient à peine de se sortir.

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Le sentiment d'être chez soi

Un des objectifs des chercheurs de l'étude est d'évaluer si les participants se sentent « chez eux ». Mais comment, au juste, mesure-t-on le bien-être qu'on éprouve quand on a un toit sur la tête et un lit où dormir ?

L'entretien de Naveed et Jason nous apporte quelques réponses. Sécurité. Voisinage. Vie privée. Confort. Jason se sent relativement bien chez lui, même s'il ne connaît pas ses voisins. Sa situation financière est encore précaire. « Terrible », voici comment il résume la situation.

Jason se montre généralement satisfait de son logement, ce qui contraste avec le témoignage de Valère, un autre participant du groupe-témoin de Chez soi. Dans le film En attendant un toit, Valère confiait à la réalisatrice Sarah Fortin qu'il avait été très déçu de ne pas avoir été sélectionné par le projet pour occuper un logement Chez Soi. Dans sa chambre de la Maison du Père, il ne se sent pas chez lui.

Mesurer l'optimisme?

Comment peut-on retrouver espoir quand on a connu l'abus, les problèmes de santé mentale et l'itinérance chronique ? Jason a connu la dépression et des ennuis de santé, mais il croit pouvoir prendre du mieux.

Devant Naveed, il se montre optimiste. Il répond par l'affirmative à plusieurs énoncés. « J'ai un désir de réussir. Je sais comment atteindre mes buts et prendre du mieux. J'ai un but dans la vie. J'ai confiance en l'avenir. »

Blogueur invité du documentaire Web Ici, Chez soi, le chercheur Abe Oudshoorn de London (Ontario) note que la violence et les traumatismes qui surviennent durant l'enfance augmentent substantiellement les chances d'itinérance une fois adulte. Selon lui, si on veut régler le problème de l'itinérance chronique chez les personnes avec un problème de santé mentale, il faut avant tout reconnaître et soigner les répercussions des abus qui remontent à l'enfance, comme ceux mentionnés par Jason.