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Dernier jour de travail pour Hillary Clinton

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton quitte le pouvoir ce soir et cède son poste au sénateur du Massachusetts John Kerry.
Madame Clinton est au sommet de sa popularité, après avoir vanté la diplomatie américaine partout dans le monde pendant 4 ans. A l'heure de vanter son bilan, l'avocate de 65 ans, qui fut première dame, sénatrice et candidate aux primaires démocrates pour la présidentielle de 2008, s'est offert un concert de louanges à l'occasion de multiples réceptions d'adieux, conférences, entretiens à la presse et même interview commune avec Barack Obama qui l'a désignée « parmi les meilleurs secrétaires d'Etat » de l'histoire des Etats-Unis.

Hier, La secrétaire d'État a confié, dans son dernier discours, avoir « le coeur lourd » de laisser une administration de 70 000 personnes. Elle s'est dite « extrêmement fière d'avoir été le porte-voix de la nation indispensable, d'une Amérique aujourd'hui plus forte chez elle et mieux respectée dans le monde grâce à une manière différente de faire de la diplomatie. »

Elle a rappelé l'héritage du président George W. Bush lorsque Barack Obama lui confie le département d'Etat en janvier 2009: « Deux guerres, une économie en chute libre, des alliances effilochées, une stature diplomatique abîmée et beaucoup d'interrogations dans le monde sur les valeurs de l'Amérique. »

Hillary Clinton s'en va plus populaire que le président américain, avec 69 % d'opinions favorables, ne répondant pas à la seule question que tout le monde se pose : vous lancerez-vous dans la course à la présidentielle de 2016 ?
La secrétaire d'État peut se targuer d'avoir revitalisé la diplomatie américaine, consolidé ses alliances et apporté sa pierre aux retraits d'Irak et bientôt d'Afghanistan, à l'élimination de Ben Laden, à l'intervention en Libye, au soutien au Printemps arabe, à l'isolement de la Corée du Nord et de l'Iran, au rééquilibrage vers l'Asie ou au resserrement des liens avec l'Europe, l'Amérique latine et l'Afrique.

Les dossiers que Hillary Clinton laisse à John Kerry

La Syrie

Après 22 mois de conflit et au moins 60 000 morts, « les pires sortes de prédictions sur ce qui pourrait arriver, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la Syrie, font maintenant partie du champ du possible », a déploré Hillary Clinton, assurant avoir fait « depuis deux ans tout ce qu'il était possible de faire ». Elle a accusé l'Iran d'« accroître son soutien au régime et aux forces armées du président syrien Bachar al-Assad en envoyant davantage de personnels et (...) d'armements ». Elle a également montré du doigt la Russie, qui « continue de fournir une assistance financière et militaire » à Damas.

L'Iran

Pour tenter de résoudre le casse-tête du programme nucléaire iranien, Hillary Clinton est favorable à la poursuite de la stratégie américaine dite de la « double-voie », consistant à imposer des sanctions économiques de plus en plus dures contre Téhéran tout en essayant de l'amener à la table des négociations. Mais « je ne pense pas que la fenêtre puisse rester ouverte beaucoup plus longtemps », a-t-elle prévenu, sans fixer d'ultimatum aux Iraniens.

La Corée du Nord

La menace par Pyongyang d'un nouvel essai nucléaire en signe de défi aux Etats-Unis constitue « le dossier prioritaire et vraiment inquiétant qui sera sur le bureau de John Kerry à son arrivée lundi », a jugé Mme Clinton. Elle s'est félicitée que les Etats-Unis aient été « rejoints par la Russie et la Chine pour imposer, au Conseil de sécurité de l'ONU, des sanctions renforcées contre la Corée du Nord. »

Le Mali

Les Etats-unis ont pris conscience depuis l'attentat contre leur consulat à Benghazi en Libye le 11 septembre 2012 de la puissance des islamistes armés en Afrique du Nord et sub-saharienne, surtout d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et s'alarment du trafic d'armes dans toute la région. « C'est vraiment pour nous l'occasion de réunir autour d'une table les pays d'Afrique du Nord, d'Afrique sub-saharienne, d'Europe et du Golfe pour accroître nos efforts coordonnés », a proposé Mme Clinton. Au Mali, où les Américains soutiennent l'action française, mais refusent d'intervenir militairement, la secrétaire d'Etat sortante s'est félicitée de la « formation d'une coalition internationale. »

L'Afghanistan

Le retrait militaire américain d'Afghanistan fin 2014 sera l'un des dossiers épineux du second mandat de Barack Obama et Hillary Clinton s'est engagée à continuer de se battre pour la condition des femmes, l'une des grandes causes qu'elle a défendues à la tête de la diplomatie américaine. « Le bien-être des femmes et des filles en Afghanistan continue d'être une source d'inquiétude pour les Etats-Unis », a mis en garde Mme Clinton, annonçant qu'elle resterait co-présidente du Conseil américano-afghan pour les femmes, basé à Washington.

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