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01/02/2013 06:36 EST | Actualisé 03/04/2013 05:12 EDT

Assurance-emploi : les fonctionnaires ont des quotas à couper

L'Alliance de la fonction publique du Canada confirme que le gouvernement conservateur impose à ses fonctionnaires de Service Canada des quotas de prestations d'assurance-emploi à couper auprès des chômeurs.

Selon la politique des quotas, les enquêteurs fédéraux auraient le mandat de trouver des failles dans les dossiers des prestataires afin de faire économiser 40 000 $ par mois au gouvernement.

Le président du Conseil régional de l'Alliance de la Fonction publique du Canada, pour les trois régions de l'Est du Québec, Benoît Thibeault, déplore qu'Ottawa impose cette politique à ses agents.

« Malheureusement, les gens doivent rencontrer ces chiffres-là. Sinon, à la fin de l'année, les gestionnaires rencontrent les employés qui ne réussissent pas à trouver une moyenne de 40 000 $ par mois », explique Benoît Thibeault.

Le député de Haute-Gaspésie-La Mitis-Matane-Madapédia, Jean-Francois Fortin, estime que le gouvernement conservateur met des obstacles aux chômeurs.

« On voit qu'avec des objectifs de quotas que les agents ont à atteindre, la prémisse de base : est-ce que les gens sont admissibles, oui ou non, en vertu des règles. On se contente de dire comment ne pas les rendre admissibles », dénonce-t-il.

De nombreuses réactions

Cette nouvelle a suscité de nombreuses réactions dans l'Est du Québec, d'autant plus qu'Ottawa maintient toujours la ligne dure avec les chômeurs même si les manifestations se multiplient contre la réforme de l'assurance-emploi. Les organismes voués à la défense des chômeurs sont outrés.

Un sentiment qui trouve écho en Gaspésie. « C'est aberrant, c'est vicieux comme système », indique le porte-parole d'Action Cômage Pabok, Gaétan Cousineau.

De son côté, la ministre des Ressources humaines, Diane Finley, nie l'existence des quotas au sein de son ministère. Elle soutient que les fraudes font perdre des centaines de millions de dollars au programme d'assurance-emploi.

La ministre ajoute que seulement l'an dernier, plus de 500 millions de dollars ont été récupérés grâce aux enquêteurs fédéraux.