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31/01/2013 12:35 EST | Actualisé 02/04/2013 05:12 EDT

Raid israélien: Damas se réserve le droit de riposter

La Syrie a dit jeudi se réserver le droit de riposter au raid aérien israélien contre un centre de recherche militaire près de Damas, au moment où les Etats-Unis ont mis en garde le pouvoir syrien contre tout transfert d'armes au Hezbollah libanais.

Le vice-président des Etats-Unis Joe Bide, pour sa part, doit évoquer la guerre civile en Syrie avec le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, le médiateur international Lakhdar Brahimi et le chef de l'opposition Ahmed Moaz al-Khatib, samedi en marge de la Conférence sur la sécurité de Munich.

M. Khatib a créé la surprise mercredi en se disant prêt sous conditions "à des discussions directes avec des représentants du régime au Caire, en Tunisie ou à Istanbul", et les composantes de l'opposition syrienne étaient réunies au Caire pour discuter de cette question.

Au lendemain du premier raid israélien en Syrie depuis 2007 et a fortiori du premier depuis le début en mars 2011 d'une révolte populaire devenue conflit armé, les autorités à Damas ont rappelé leur "droit à défendre (leur) souveraineté".

Israël a officiellement gardé le silence sur ce raid.

L'armée syrienne a affirmé qu'il avait partiellement détruit le centre militaire faisant deux morts.

Pour l'ambassadeur de Syrie à Beyrouth, Ali Abdel Karim Ali, la Syrie se réserve le droit de répondre "par surprise" à cette "agression sioniste" condamnée par les deux alliés indéfectibles de Damas, le Hezbollah et l'Iran.

Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Hossein Amir Abdollahian a d'ailleurs mis en garde contre les "graves conséquences pour Tel-Aviv" après le raid, sans autre précision.

La Ligue arabe, d'où la Syrie a été suspendue, a condamné "une violation flagrante de la souveraineté d'un Etat arabe". Et la Russie, un autre soutien du régime syrien auquel elle vend des armes, a indiqué qu'elle condamnerait cette attaque si "l'information était avérée".

Dans un entretien à la chaîne du Qatar Al-Jazeera, M. Khatib a accusé le régime de passivité face au raid.

"Honte au régime d'Assad. Les avions israéliens sont venus et tes avions ont regardé faire. Tes avions ne servent qu'à détruire les mosquées et les universités, et à tuer les civils", a-t-il dit en allusion aux raids de l'armée syrienne qui font chaque jour des dizaines de morts dans le pays.

Des sources sécuritaires avaient mercredi affirmé que l'aviation israélienne avait attaqué un convoi transportant des armes venant de Syrie à la frontière libanaise. Mais l'armée syrienne avait démenti.

La Maison Blanche a néanmoins mis en garde la Syrie. "Il ne faut pas que la Syrie déstabilise encore plus la région en transférant des armements au Hezbollah", a dit Ben Rhodes, conseiller adjoint à la sécurité nationale du président Barack Obama.

Selon un député du Likoud (droite), proche du Premier ministre sortant israélien Benjamin Netanyahu, Tzahi Hanegbi, "Israël a toujours dit que si des armes sophistiquées en provenance d'Iran, de Corée du nord et de Russie tombaient dans les mains du Hezbollah, une ligne rouge serait franchie".

Sur le terrain en Syrie, les combats entre rebelles et soldats ne connaissaient aucun répit sur plusieurs fronts, faisant 37 morts jeudi selon un bilan provisoire de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme.

Le conflit a fait plus de 60.000 morts en près de deux ans selon l'ONU.

Au Caire, l'opposition syrienne était réunie après l'annonce par M. Khatib qu'il était, "en signe de bonne volonté", "prêt à des discussions directes avec des représentants du régime syrien" tout en posant plusieurs conditions, dont la libération des "160.000 personnes".

Si le représentant de l'opposition à Paris a souligné que ces discussions n'inclueraient ni M. Assad ni son entourage, cette volte-face a provoqué le mécontentement de la principale composante de la Coalition, le Conseil national syrien, qui refuse tout dialogue avant un départ de M. Assad.

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