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31/01/2013 06:29 EST | Actualisé 02/04/2013 05:12 EDT

Pentagone: Chuck Hagel sur la défensive face à l'hostilité des républicains

Naïf ou dangereux pacifiste selon ses détracteurs, l'ex-sénateur républicain Chuck Hagel a fait face jeudi à l'hostilité d'anciens collègues lors de son audition de confirmation comme chef du Pentagone, où il a endossé sans réserve la politique de Barack Obama.

Face à la levée de boucliers de certains élus de son propre parti contre sa nomination, il a été mis sur la défensive par les sénateurs de la commission des Forces armées qui ont concentré leurs questions sur ses positions passées, comme son opposition rapidement déclarée à la guerre en Irak, et non pas sa vision de l'avenir du Pentagone.

Dans un échange tendu, son "vieil ami" John McCain l'a harcelé sur son opposition à la politique de renforts en Irak décidée par George W. Bush en 2007.

Avait-il eu "raison ou tort" de s'y opposer, l'a pressé John McCain. Gardant son calme, Chuck Hagel a tenté de répondre que l'histoire en jugerait.

"L'histoire a déjà rendu son jugement sur les renforts et vous êtes du mauvais côté de l'histoire", l'a coupé le sénateur de l'Arizona.

Cette politique dite du "surge" a entraîné 1.200 morts américains supplémentaires en Irak. "Etait-ce nécessaire? (...) Je n'en suis pas certain. Cela ne veut pas dire que j'ai raison, cela ne veut pas dire que j'ai mal voté", a rétorqué l'ex-sénateur (1996-2008).

Soupçonné d'être une colombe, dont le pacifisme a été forgé sous le feu ennemi au Vietnam, il s'est voulu clair: "Nous n'hésiterons pas à recourir à toute la force de l'armée des Etats-Unis pour assurer notre sécurité. Mais nous devons aussi être intelligents, et plus encore, avisés, dans la façon dont nous employons la grande puissance de notre pays".

Pendant les sept heures d'audion, Chuck Hagel a été soumis au feu roulant de questions, se répétant à plusieurs reprises et se montrant sur la défensive, parfois embrouillé, "souvent tout simplement mauvais", selon le Washington Post.

Il s'est efforcé de démonter les accusations de manque de solidarité à l'égard d'Israël ou de naïveté envers l'Iran, en reprenant mot pour mot la ligne politique du président Barack Obama sur les différents dossiers.

Sur l'Iran, "comme je l'ai dit dans le passé, toutes les options doivent être sur la table" pour empêcher Téhéran d'obtenir l'arme nucléaire. "Ma politique est celle de la prévention, pas celle de l'endiguement, et le président a clairement indiqué que c'était la politique de notre gouvernement".

Son opposition au renforcement des sanctions remonte au début des années 2000: "Nous étions dans une situation différente avec l'Iran à cette époque".

Vis-à-vis d'Israël, il a promis de s'assurer que cet allié maintienne sa supériorité militaire sur le plan qualitatif par rapport au reste de la région.

Sur le nucléaire, l'ex-sénateur qui avait soutenu l'initiative Global Zero, rassemblant de nombreuses personnalités internationales en faveur de l'élimination des armes nucléaires, s'est engagé à "maintenir un arsenal nucléaire puissant, sécurisé et prêt".

"Aucun vote, déclaration ou position pris individuellement ne me définit, ne définit mes convictions ou mon action. Ma vision du monde n'a jamais changé: l'Amérique a et doit maintenir l'armée la plus puissante du monde", a-t-il martelé.

Mais son plaidoyer n'a pas semblé convaincre certains élus. Pour le chef de file républicain à la commission, James Inhofe, le passé de Chuck Hagel "démontre un manque d'opposition constant aux politiques qui diminuent la puissance et l'influence des Etats-Unis dans le monde".

Le sénateur républicain a également raillé Chuck Hagel pour "une tendance récente aux renversements de position politique qui semblent davantage fondés sur un opportunisme politique que sur des convictions profondes".

Malgré sa prestation et l'opposition réitérée de nombreux républicains, la Maison Blanche se veut confiante sur la confirmation par le Sénat de Chuck Hagel à la tête du Pentagone.

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