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31/01/2013 10:39 EST | Actualisé 02/04/2013 05:12 EDT

Mali: Tombouctou savoure sa liberté retrouvée, les soldats cherchent des mines

TOMBOUCTOU, Mali - Quatre soldats maliens ont été tués et cinq autres ont été blessés quand leur véhicule a roulé sur une mine terrestre sur la route menant à Gao, a annoncé l'armée malienne jeudi.

Selon un responsable militaire, Modibo Traoré, l'incident est survenu mercredi à Gossi, une localité contrôlée par les islamistes jusqu'à tout récemment.

À Tombouctou, les forces françaises recherchaient jeudi des mines terrestres qui pourraient avoir été cachées en différents endroits, notamment dans la plus grande mosquée de la ville. Des imams inquiets par les amas de débris laissés par les islamistes dans leur fuite ont appelé les soldats pour sécuriser les lieux.

Selon une porte-parole de l'armée française, aucun engin explosif n'a été retrouvé à Tombouctou jusqu'à maintenant.

Quatre jours après la libération de la ville légendaire par les troupes françaises et maliennes, les résidants savourent leur liberté retrouvée. Mais certaines femmes n'osent pas encore enlever le voile qui leur était imposé par les islamistes.

«C'est par peur qu'elles le portent encore», a déclaré Diahara Adhanga, mère d'une petite fille de huit ans qui ne s'est pas départie de son voile. «Ils frappaient tout le monde, même les enfants».

Les islamistes ont pris le contrôle de Tombouctou et des autres capitales provinciales du nord du Mali en avril. Durant leurs dix mois de règne, les extrémistes ont imposé des règles sévères aux femmes et flagellaient publiquement celles qui osaient sortir en public sans voile. Le voile devait recouvrir tout le corps et ne pas être coloré. Le parfum était strictement interdit.

Fatouma Traoré, 21 ans, affirme que l'un des commandants islamistes était particulièrement brutal envers les femmes de Tombouctou.

«Nous ne voulons pas que l'armée l'arrête. Ce sont les femmes qui veulent l'arrêter afin qu'on puisse le tuer nous-mêmes. (...) Même si on parlait à notre propre frère de sang sur le pas de notre porte, il nous frappait. Même si on portait le voile et qu'il tombait par mégarde, il nous frappait. Cet homme, Ahmed Moussa, a rendu la vie des femmes misérable. Même quand une vieille grand-mère n'était pas couverte de la tête aux pieds, il la frappait.»

La jeune femme montre sa petite nièce âgée d'un an. «Nous avons même dû acheter un voile pour ce bébé», dit-elle.

Tombouctou reste majoritairement déserte pour l'instant. L'électricité et les lignes téléphoniques sont toujours coupées. La nuit, les seules lumières proviennent des téléphones portables et des lampes de poche dont disposent les magasins et les hôtels.

Le maire de Tombouctou, Ousmane Hallé, a fait le tour de la ville dans une camionnette jeudi, accompagné de trois gardes du corps. Il est revenu dans sa ville par un vol spécial, après un exil temporaire à Bamako, la capitale.

Il a indiqué que les militaires recherchaient des mines possiblement laissés par les islamistes. «Nous avons fermé certaines rues et nous empêchons l'accès aux bâtiment suspects», a-t-il déclaré.