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31/01/2013 06:36 EST | Actualisé 02/04/2013 05:12 EDT

Israël: le rapport de l'ONU sur les colonies "entrave les efforts" de paix

Israël a rejeté jeudi un rapport commandé par le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU qui exige l'arrêt immédiat de la colonisation des Territoires palestiniens, accusant le Conseil de "partialité" et jugeant que le rapport "entravait les efforts pour une solution au conflit".

Une dirigeante de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), Hanane Achraoui, a salué ce rapport, soulignant qu'il assimile la colonisation à des "crimes de guerre", "ce qui expose Israël à des poursuites" devant les juridictions internationales.

"Des mesures contre-productives, comme le rapport publié aujourd'hui, ne feront qu’entraver les efforts visant à trouver une solution durable au conflit israélo-palestinien", a affirmé dans un communiqué le ministère israélien des Affaires étrangères.

"Malheureusement, le Conseil des droits de l'Homme se distingue par son approche unilatérale et systématiquement partiale à l'encontre d'Israël", a accusé le ministère.

"La seule manière de résoudre toutes les questions en suspens entre Israël et les Palestiniens, y compris sur la question des implantations, passe par des négociations directes sans conditions préalables", affirme le texte.

Selon un rapport d'experts rendu public jeudi à Genève, "un nombre important de droits de l'Homme des Palestiniens sont violés de manières et de façons diverses en raison de l'existence de ces colonies de peuplement".

"Conformément à l'article 49 de la quatrième Convention de Genève, Israël doit cesser toute activité de peuplement dans les colonies et ce sans conditions préalables. Il doit immédiatement commencer un processus de retrait de tous les colons des territoires occupés", souligne le rapport dans ses recommandations.

Le document sera soumis le 18 mars aux 47 Etats membres permanents du Conseil.

"Ce rapport diagnostique les pratiques illégales israéliennes sans aucune équivoque, fournit des conclusions et exige des mesures concrètes", s'est félicitée dans un communiqué Mme Achraoui, membre du Comité exécutif de l'OLP.

"Il qualifie toutes les activités de colonisation israélienne de crimes de guerre et les place sous la compétence de la Cour pénale internationale pour violation du Statut de Rome et de l'article 49 de la Convention de Genève, ce qui expose Israël à des poursuites", a-t-elle ajouté.

"Par son rejet et son boycottage des organisations internationales compétentes en matière de droits de l'Homme, Israël se met hors la loi et s'isole lui-même", a estimé la responsable palestinienne.

Israël boycotte depuis mars 2012 les réunions du Conseil des droits de l'Homme à la suite du mandat donné à cette mission. Il ne s'est pas présenté mardi pour l'examen périodique de la situation des droits de l'Homme en Israël, devenant le premier Etat à boycotter ce processus régulier des Nations unies.

Interrogé par l'AFP, Yigal Palmor, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a indiqué qu'Israël "avait annoncé à l'avance que les autorités israéliennes ne collaboreraient pas avec les experts qui ont rédigé ce rapport".

Cette décision a été prise en raison de "l'hostilité du Conseil des droits de l'Homme", a jugé le porte-parole israélien, ajoutant que "le Conseil a adopté davantage de résolutions contre Israël que contre tous les autres pays réunis".

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