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31/01/2013 04:25 EST | Actualisé 01/04/2013 05:12 EDT

Funérailles des soldats dévavorisés: aide demandée par la Légion royale

OTTAWA - La Légion royale canadienne a lancé jeudi une campagne nationale visant à forcer le gouvernement fédéral à assumer l'ensemble des frais funéraires des familles de militaires à faibles revenus.

La Légion a ainsi demandé à ses 330 000 membres d'envoyer une lettre à leur député fédéral, et encouragé les citoyens canadiens à faire de même.

En conférence de presse à Elmira, en Ontario, l'un des dirigeants de la Légion royale canadienne, Gordon Moore, a expliqué pourquoi son organisation cherche à obtenir des appuis pour des changements au Programme de funérailles et d'inhumation.

Selon lui, «il ne fait aucun doute» que l’enjeu d’un soutien «adéquat» en matière de funérailles et d’inhumation est «urgent» pour les anciens combattants de la Deuxième Guerre mondiale et de la Guerre de Corée. Il a rappelé l'âge de ces anciens combattants, dont «la majorité» ont plus de 90 ans. Selon les chiffres avancés par la Légion, environ 2000 de ces vétérans meurent chaque mois.

M. Moore était accompagné de dirigeants de la mission du Fonds du Souvenir, dont le mandat est de veiller à ce qu'aucun ancien combattant admissible ne soit privé de funérailles et d'une inhumation dans la dignité — ou encore d'une pierre tombale militaire — en raison d'un manque de ressources financières au moment de son décès.

L'automne dernier, La Presse Canadienne révélait que depuis 2006, le Fonds du Souvenir avait été contraint de rejeter environ les deux tiers des demandes d'aide de familles de militaires décédés, pour les frais de leurs funérailles. Le Fonds du Souvenir est soutenu financièrement par le ministère des Anciens Combattants et par des dons privés.

«À chaque congrès national biennal depuis 2004, la Légion a demandé au gouvernement fédéral d’introduire d’importants changements au Programme de funérailles et d'inhumation des anciens combattants», a indiqué M. Moore. «Or, l’inaction du gouvernement jusqu’à ce jour nous laisse tout à fait perplexe.»

En réponse, le cabinet du ministre des Anciens Combattants, Steven Blaney, a indiqué par courriel travailler «constamment» à la révision de ses programmes, «malgré un contexte fiscal difficile».

«Le Programme de funérailles et d'inhumation canadien est l'un des plus complets parmi nos pays alliés, et est le seul programme qui couvre entièrement les frais d'inhumation», a écrit l'attaché de presse du ministre, Jean-Christophe de le Rue. «Depuis l’arrivée de notre gouvernement, près de 10 000 familles de vétérans ont eu accès au programme de funérailles et d'inhumation», a-t-il soutenu.

Si la Légion estime insuffisante la prestation actuelle de 3600 $, qui «n’a pas été augmentée depuis 2001», le gouvernement canadien choisit plutôt de justifier les fonds accordés en les comparant aux prestations offertes dans les pays qui sont ses «partenaires internationaux». M. de le Rue cite l'Australie, les États-Unis et le Royaume-Uni, où les prestations sont moins élevées.

«Mais qu'est-ce que le gouvernement canadien attend?», a demandé le directeur général du Fonds du Souvenir, Jean-Pierre Goyer, en entrevue à La Presse Canadienne. Il a ajouté qu'Ottawa reconnaissait depuis des années ses responsabilités envers les militaires à faibles revenus, mais qu'à présent, cette reconnaissance semblait s'amenuiser.

«Le gouvernement canadien a reconnu en 1920 sa responsabilité d'assurer la tenue de funérailles et d'un enterrement décents pour ses vétérans», a-t-il déclaré. «Ils ont un programme, et c'est un bon programme, mais il doit être revu. Il doit être modernisé.»

Les libéraux fédéraux ont déposé une motion aux Communes visant à augmenter la prestation, entre autres améliorations à apporter au programme.

«C'est inacceptable que les conservateurs forcent les familles de nos braves vétérans à payer des milliers de dollars pour des funérailles, tandis que des millions de dollars pris dans les poches des contribuables sont gaspillés pour commémorer la Guerre de 1812», a lancé le critique libéral en matière d'anciens combattants, Sean Casey.