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30/01/2013 01:18 EST | Actualisé 01/04/2013 05:12 EDT

Soudan: des gardes-frontières impliqués dans des combats pour des mines d'or (Amnesty)

Amnesty International a affirmé mercredi que des gardes-frontières étaient impliqués dans des affrontements survenus début janvier pour le contrôle de mines d'or au Darfour-Nord, une région instable de l'ouest du Soudan, parlant d'un bilan de 200 morts dans ces violences.

Mi-janvier, l'ONU avait fait état de combats entre deux tribus rivales pour le contrôle de mines d'or ayant fait une centaine de morts dans la région de Jebel Amir et provoqué la fuite de 70.000 personnes.

Dans un communiqué, Amnesty indique que les affrontements, qui avaient débuté le 5 janvier, ont opposé les Beni Hussein et les Rezeigat, après qu'un dirigeant de cette dernière tribu, officier des gardes-frontières, eut revendiqué la propriété d'une zone riche en mines d'or, sur le territoire des Beni Hussein.

"Des hommes armés conduisant des véhicules gouvernementaux sont soupçonnés d'avoir ouvert le feu sur des individus dans la zone de Kebkabiya, majoritairement habitée par des membres de la tribu des Beni Hussein, faisant usage de grenades et de mitrailleuses lourdes", a précisé Amnesty, appelant les autorités à ouvrir une enquête.

L'ONG rapporte les propos d'un témoin selon lequel 53 habitants de son village ont été tués le 9 janvier par des hommes armés parmi lesquels se trouvaient des gardes-frontières.

"Ces événements interviennent alors que le gouvernement est en train d'essayer de renforcer son contrôle sur l'attribution de licences et l'exportation de l'or, dans un contexte de crise économique (...) et alors que le trafic d'or est très répandu", ajoute Amnesty.

Aucun responsable du Darfour n'était joignable dans l'immédiat pour commenter ces informations.

Des sources humanitaires s'exprimant sous couvert de l'anonymat ont affirmé à l'AFP que ces affrontements étaient les pires entre tribus arabes enregistrés dans la région en deux ans, alors que certains de ces groupes, proches du gouvernement, sont en train de devenir "incontrôlables".

L'une de ces sources a affirmé que les Beni Hussein avaient refusé de payer une nouvelle taxe minière gouvernementale.

Le banditisme, les violences tribales et les combats entre rebelles et armée soudanaise sont quotidiens au Darfour, même s'ils sont d'un degré moindre qu'en 2003 et 2004, lorsque des groupes non-arabes se sont soulevés contre Khartoum.

it/tg/vl