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30/01/2013 01:56 EST | Actualisé 01/04/2013 05:12 EDT

Son aplomb retrouvé, la Bourse de New York approche des sommets historiques

Laissant derrière elle les nuages noirs de la crise économique et financière de 2008 qui avaient éloigné les investisseurs du marché des actions, la Bourse de New York se dirige vers des sommets historiques.

Pour la première fois depuis l'automne 2007, lorsque les grands indices de la place new-yorkaise, en pleine effervescence, avaient franchi des seuils jamais atteints auparavant, Wall Street semble à nouveau prête à repousser ses limites.

La star du marché, le Dow Jones Industrial Average, se situe désormais à quelque 250 points de son zénith, atteint le 9 octobre 2007, à 14.164,53 points. Quant à l'indice élargi Standard and Poor's 500, le plus suivi par les marchés, il n'est qu'à quelque 60 points des 1.565,15 points atteints le même jour.

"C'est un très beau retour. Les investisseurs qui avaient vendu toutes leurs actions il y a 3, 4 voire 5 ans pour fuir vers des instruments financiers moins risqués, veulent revenir dans le jeu", constate Mace Blicksilver, de Marblehead Asset Management.

Désormais, une crainte bien différente agite les courtiers, notamment les petits porteurs: celle de "ne pas en être", de manquer une opportunité faute d'avoir su se dépêtrer de craintes qui ne sont plus d'actualité, explique Greg Peterson, de Ballentine Partners.

Loin d'étonner, pour beaucoup d'observateurs ce retour à la confiance est le fruit d'une amélioration profonde des perspectives économiques aux Etats-Unis, d'un regain d'optimisme à l'égard de la zone euro, l'une des grandes frayeurs du marché ces dernières années, et de la persistance de la croissance asiatique.

Aux Etats-Unis, les analystes mettent en avant l'amélioration du secteur de l'immobilier, dont l'effondrement avait précipité la crise, et l'amorce d'une embellie sur le marché de l'emploi.

"Un mur se fissure", résume Sam Stovall, de S&P Capital IQ, citant les obstacles que représentaient l'évolution incertaine de la croissance mondiale, les résultats des entreprises américaines ou les dysfonctionnements à Washington.

"Le gouvernement (américain) pourrait encore déstabiliser l'économie s'il ne règle pas les problèmes de la dette" du pays, nuance M. Peterson, mais sinon "nous sommes hors de danger".

Les entreprises sont, pour beaucoup, au coeur de ce retour à la confiance.

"Elles ont réduit leur endettement, elles ont des taux de profits extrêmement élevés, elles ont des liquidités très importantes", relève Evariste Lefeuvre, de Natixis.

Autant de raisons pour les investisseurs de croire en leur croissance et aux profits qu'elles peuvent leur rapporter.

"Une action Merck ou Verizon (...) attire par un rendement plus élevé que ce que l'on peut trouver sur les autres marchés", souligne Gregori Volokhine, de Meeschaert New York.

Grand bénéficiaire de la désaffection des investisseurs pour la Bourse après l'effondrement de la banque Lehman Brothers en septembre 2008, le marché de la dette, souveraine et d'entreprises, devient la première victime de la nouvelle ruée vers les actions.

Déjà, le taux d'intérêt des bons du Trésor américain à 10 ans est repassé au-dessus de la barre symbolique des 2%, "ce qui est naturel quand l'économie va mieux", rappelle M. Volokhine. "Cela signifie que les produits obligataires baissent et que les actions deviennent plus attractives".

La politique monétaire très accommodante de la Réserve fédérale américaine (Fed) participe largement à ce retour en forme de la place financière, ajoute l'expert, en favorisant l'achat d'actifs jugés risqués comme les actions.

"La Bourse de New York apparaît comme plus sûre aux investisseurs qu'en Europe", où la croissance économique n'est toujours pas de retour, "ou que sur les marchés émergents", note M. Peterson.

Pour ce gestionnaire de portefeuilles depuis 20 ans, il n'y a pas de meilleur moment qu'aujourd'hui pour tenter sa chance à Wall Street: "Je n'ai jamais été aussi optimiste de toute ma carrière".

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