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30/01/2013 06:49 EST | Actualisé 01/04/2013 05:12 EDT

Mali: l'armée française débarque à Kidal et ne rencontre aucune résistance

SÉVARÉ, Mali - Les forces françaises n'ont rencontré aucune résistance mercredi dans les rues de Kidal, la dernière ville du nord du Mali tenue par des combattants islamistes.

La prise de l'aéroport de Kidal survient quelques jours seulement après que les forces françaises et maliennes eurent repris deux autres capitales provinciales, Gao et Tombouctou, contrôlées par des islamistes radicaux depuis près de dix mois.

«Personne ne questionne la rapidité du déploiement français, mais la capacité de garder le contrôle de ces villes et territoires est un défi immense. On ne sait pas très bien comment ils réussiront à maintenir leurs récents gains», analyse Alex Vines, spécialiste de l'Afrique auprès du groupe de réflexion britannique Chatham House.

«Les extrémistes n'ont pas été défaits, ils se sont évanouis dans le brouillard chaud du désert», ajoute-t-il.

Plusieurs observateurs craignent que les islamistes se cachent parmi la population civile dans les petits villages reculés, pour mieux revenir et attaquer les forces africaines une fois que les forces françaises seront parties. Les islamistes disposeraient d'un réseau élaboré de grottes et autres cachettes dans le désert.

Les jihadistes ont tiré sur les soldats français quand ils sont arrivés à Gao, mais ils avaient déjà quitté Tombouctou quand les forces pro-gouvernementales sont arrivées lundi. Dans leur fuite, les extrémistes ont détruit d'importants manuscrits anciens et endommagé la piste de l'aéroport.

Le président intérimaire de l'assemblée régionale de Kidal, Haminy Maïga, a indiqué que les forces françaises n'avaient rencontré aucune résistance à leur arrivée à Kidal, mardi soir.

«Les Français sont arrivés à 21h30 à bord de quatre avions, qui ont atterri l'un après l'autre. Ensuite, ils ont pris l'aéroport et sont entrés dans la ville, et il n'y a pas eu de combats», a déclaré M. Maïga, qui reste en contact avec ses concitoyens de la région grâce à une liaison téléphonique par satellite.

«Les Français patrouillent dans la ville et deux hélicoptères patrouillent dans le ciel», a-t-il ajouté.

À Paris, un responsable de l'armée française, le colonel Thierry Buckhard, a confirmé que l'aéroport de Kidal avait été pris durant la nuit et a précisé que l'opération était «en cours».

«Maintenant, c'est aux pays africains de prendre le relais», a indiqué le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, lors d'une entrevue avec le journal «Le Parisien».

«Nous avons décidé de mettre les moyens en hommes et en matériel pour réussir cette mission et frapper fort. Mais le dispositif français n'a pas vocation à être maintenu. Nous partirons rapidement», a précisé M. Fabius.

Environ 3500 soldats français participent à l'opération militaire au Mali, en plus de 2900 soldats africains, selon les chiffres les plus récents du ministère français de la Défense.