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30/01/2013 05:39 EST | Actualisé 01/04/2013 05:12 EDT

L'Épiphanie : Benoit Robert s'estime chanceux d'être sorti vivant de la carrière

Ébranlé par le glissement de terrain qui a failli lui coûter la vie, l'opérateur de la pelle mécanique qui a survécu à l'accident, Benoit Robert, s'estime chanceux d'être toujours en vie. À L'Épiphanie, la Sécurité publique exclut de suspendre les fouilles en cours.

Pendant que les recherches se poursuivent dans la carrière Maskimo de L'Épiphanie pour retrouver les deux travailleurs disparus, M. Robert a témoigné son soutien à leurs familles avant de raconter une dernière fois le fil des événements qu'il a vécus, mardi.

« C'est dur ce que j'ai vécu, mais je suis encore là, a déclaré M. Robert. Eux autres [les deux disparus], je ne sais pas s'ils seront là dans le futur. »

M. Robert s'apprêtait à remplir le camion conduit par la travailleuse qu'il ne connaissait pas au moment de l'événement tragique.

« J'ai cru avoir des troubles de vision parce que je voyais le sol comme instable », explique M. Robert. « La fille a crié : "On glisse, on va mourir!" ». C'est à ce moment qu'il constate qu'il glisse lui aussi vers la carrière. Après une descente d'une dizaine de mètres, il aurait pu sauter de son véhicule, mais il aperçoit un glissement de terrain qui l'aurait tué sur le coup. Il décide donc de rester dans la pelle mécanique et de tenter de la manoeuvrer afin de la faire glisser de manière à éviter l'ensevelissement.

La pelle mécanique glisse ainsi sur environ 50 mètres. C'est à ce moment qu'il décide de sauter de son véhicule pour descendre un autre 50 mètres à pied avant d'atteindre un plateau enneigé. Une fois le sol stabilisé, il se précipite vers le camion.

M. Robert a remercié les secouristes de la Sûreté du Québec (SQ), qui l'ont secouru, ses copains de travail, qui l'ont encouragé au cours de l'opération de sauvetage, et les ambulanciers qui lui ont prodigué de bons conseils.

Il estime que les entreprises ne peuvent être blâmées pour le glissement de terrain survenu dans la carrière.

Recherches difficiles

Sur place, mercredi, le ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron, a assuré que tout était mis en oeuvre pour retrouver les personnes disparues. Il a exclu de suspendre les recherches pour le moment.

Ces recherches ont repris mercredi matin. Les chiens pisteurs ont détecté des poches d'air dans le sol, ravivant du même coup l'espoir d'y trouver les disparus. Le porte-parole de la SQ Benoit Richard a précisé que les chiens avaient détecté 4 points d'intérêt. Des sondes optiques ont ensuite été utilisées, sans donner de résultats pour faire avancer les recherches.

Une grue a été stabilisée dans la carrière pour descendre de l'équipement afin de pelleter la boue qui nuit aux opérations.

25 personnes sont dans le fond de la carrière pour dégager le véhicule enseveli et voir s'il y a des personnes à l'intérieur. Treize pompiers participent à ces travaux, dont des effectifs de Montréal et de Repentigny.

Les secouristes prévoient travailler jour et nuit. Un système d'alerte contre les avalanches a été mis en place pour protéger les travailleurs et secouristes dans la carrière. Au total, 60 à 80 personnes sont mobilisées dans cette opération de sauvetage.

Les recherches pour retrouver les travailleurs se sont d'ailleurs poursuivies au cours de la nuit de mercredi à jeudi, malgré un épais brouillard. Trois secouristes sont descendus au fond de la carrière, mais n'ont toujours rien trouvé.