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30/01/2013 02:08 EST | Actualisé 01/04/2013 05:12 EDT

Les journalistes iraniens arrêtés coopéraient avec l'Occident (ministre)

Les 14 journalistes arrêtés récemment en Iran collaboraient avec "un réseau médiatique lié à l'Occident", a affirmé mercredi le ministère des Renseignements dans un communiqué.

Les journalistes faisaient partie "d'un des plus importants réseaux médiatiques" liés à l'Occident, selon un communiqué du ministère, qui indique que les charges qui pèsent à leur encontre sont "solides et documentées", sans fournir plus de détails.

Leur réseau, établi par la BBC, est géré "en coopération avec plusieurs gouvernements occidentaux", précise le communiqué, qui ajoute que l'objectif des journalistes était "d'exploiter ce qu'ils avaient appris durant la période de sédition", en référence à la contestation populaire de 2009 qui avait suivi la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad.

Les médias étrangers diffusant leurs programmes en persan, comme BBC Persian, Voice of America et Radio Free Europe/Radio Liberty's Radio Farda, sont accusés par Téhéran de participer au "complot" occidental pour déstabiliser le régime iranien.

Le ministère, qui affirme avoir surveillé les journalistes pendant des mois, indique également avoir découvert qu'ils utilisaient "des moyens et des méthodes uniques pour transmettre des informations et recevoir des directives" de l'étranger.

Il est possible que plus de journalistes "soient arrêtés ou convoqués dans les jours à venir, alors que l'enquête se poursuit, ou que certains détenus soient relâchés", ajoute le communiqué.

Pour Amnesty International, le communiqué du ministère des Renseignements a "pour objectif d'intimider les journalistes qui ont des contacts avec des sources non-gouvernementales".

Selon l'ONG, "de futures vagues d'arrestations sont prévues", une possibilité "étayée par l'arrestation aujourd'hui (mercredi) du rédacteur en chef du journal économique Bahar, Ali Dehghan".

"Nous craignons que les autorités ne soient en train de préparer une vidéo pour diffuser les +aveux+ des détenus, pour assurer de futures condamnations. Elles devraient réfléchir avant de répéter de telles mises en scène grotesques", a également averti Amnesty.

Plus tôt mercredi, l'ONG avait estimé que l'arrestation des 14 journalistes résultait "des restrictions draconiennes imposées à leur activité, qui bafouent le droit à la liberté d'expression et doivent être assouplies".

Les journalistes interpellés travaillent pour des publications réformatrices telle que les quotidiens Shargh, Arman, Bahar et Etemad, l'hebdomadaire Aseman ainsi que l'agence Ilna, spécialisée dans les questions du travail.

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