NOUVELLES
30/01/2013 10:34 EST | Actualisé 01/04/2013 05:12 EDT

Le chef de l'opposition prêt au dialogue

Le chef de la Coalition de l'opposition syrienne a créé une surprise de taille en annonçant mercredi être prêt à dialoguer avec le régime, mais sous conditions.

Par ailleurs, Israël a pour la première fois en près de deux années de conflit en Syrie mené un raid sur un convoi d'armes à la frontière syro-libanaise.

Dans un texte publié sur sa page Facebook, Ahmed Moaz al-Khatib a affirmé qu'"en signe de bonne volonté", il était "prêt à des discussions directes avec des représentants du régime syrien au Caire, en Tunisie ou à Istanbul", suscitant le mécontentement d'une partie de l'opposition.

Il ajoute prendre cette décision car "la révolution continue et il n'est plus question de chercher à gagner du temps alors que les citoyens syriens vivent une crise sans précédent" depuis qu'a éclaté en mars 2011 une révolte populaire hostile au régime devenue conflit armé qui a fait, selon l'ONU, plus de 60.000 morts.

Le chef de la Coalition, qui affirme "avoir appris par les médias que le régime en Syrie avait appelé l'opposition à dialoguer", pose toutefois comme principale condition, la libération des "160.000 personnes" détenues dans le cadre du soulèvement contre le régime.

S'il assure s'exprimer en son nom, ses déclarations ont suscité le rejet d'une partie de l'opposition, notamment du Conseil national syrien (CNS), principale composante de la Coalition.

Le CNS a ainsi tenu à souligner dans un communiqué qu'elles "ne reflètent en aucun cas la position de la Coalition et va à l'encontre des principes fondateurs de la Coalition (...) qui refuse de discuter avec le régime meurtrier".

Le président Bachar al-Assad a proposé début janvier un plan de sortie de crise prévoyant un dialogue national à Damas, catégoriquement refusé jusqu'ici par l'opposition qui pose comme condition sine qua non le départ de M. Assad.

Le gouvernement met actuellement en place les dispositifs nécessaires à ce dialogue et les autorités ont récemment multiplié les appels au retour des opposants et des réfugiés, assurant leur donner toutes les garanties pour qu'ils ne soient pas inquiétés.

Mardi, l'opposition tolérée s'est dit prête à un dialogue entre régime et opposition pour mettre en application l'accord de Genève qui prévoit une transition en Syrie.

Pour la première fois depuis de la crise, l'aviation israélienne a attaqué durant la nuit de mardi à mercredi à la frontière syro-libanaise un convoi transportant des armes en direction du Liban, a-t-on indiqué de sources sécuritaires, tandis qu'une porte-parole de l'armée israélienne s'est refusée à tout commentaire.

Dimanche, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait mis en garde contre "les importantes menaces sécuritaires qui visent Israël", citant l'Iran et "des armes létales dans une Syrie qui est en train de se désintégrer".

Israël a menacé à plusieurs reprises d'attaquer des convois qui pourraient transporter des armes chimiques ou d'autres types d'armement dont dispose l'armée syrienne vers le Liban pour le Hezbollah chiite libanais, proche de Damas et de Téhéran.

Face à une crise humanitaire sans précédent, des pays donateurs ont promis 1,5 milliard de dollars d'aide aux civils syriens affectés par le conflit, lors d'une réunion à Koweït parrainée par l'ONU.

Par ailleurs, la responsable des affaires humanitaires de l'ONU Valerie Amos a assuré que l'aide aux civils syriens était distribuée équitablement, en réponse aux critiques d'une ONG selon laquelle les zones contrôlées par le gouvernement en recevaient la quasi-totalité.

"Nous travaillons avec un certain nombre de partenaires sur le terrain. Il n'y a pas d'argent qui va directement au gouvernement", a déclaré la secrétaire générale adjointe de l'ONU aux affaires humanitaires.

bur/sk/sbh/feb