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30/01/2013 05:09 EST | Actualisé 01/04/2013 05:12 EDT

Enseignants ontariens: Wynne veut discuter, mais campe sur le gel salarial

TORONTO - La première ministre désignée de l'Ontario a soulevé la question des activités parascolaires boycottées par les enseignants des écoles publiques lors d'une réunion avec leurs représentants syndicaux, mais aucune entente n'a été conclue.

Dans une entrevue accordée à La Presse Canadienne, Kathleen Wynne précise que d'autres rencontres devront être tenues pour dénouer cette impasse.

Mme Wynne a rencontré les chefs syndicaux des écoles publiques primaires et secondaires pendant plus d'une heure, mardi soir. Ces employés se sont vu imposer des conventions collectives par décret, en vertu d'une loi spéciale, la Loi 115.

Des représentants syndicaux des écoles catholiques et francophones, qui ont, eux, conclu des ententes négociées, étaient également présents à la rencontre de mardi soir.

Mme Wynne, elle-même une ancienne ministre de l'Éducation, a tendu une branche d'olivier aux enseignants lors de sa campagne au leadership, promettant de mettre sur pied un meilleur processus lors des prochaines négociations, mais a clairement indiqué qu'elle ne reviendrait pas sur les conventions imposées par le gouvernement libéral de Dalton McGuinty le 1er janvier.

Quatre syndicats d'enseignants, ainsi que le Syndicat canadien de la fonction publique, contestent devant les tribunaux la Loi 115, utilisée par les libéraux pour imposer des gels de salaires à 126 000 enseignants du primaire et du secondaire.

Queen's Park a abrogé cette loi la semaine dernière, une fois imposées les nouvelles conventions collectives, mais cela n'a pas empêché plusieurs milliers d'enseignants de manifester, samedi dernier, pendant que les libéraux élisaient Mme Wynne pour remplacer Dalton McGuinty.

La nouvelle première ministre a prévenu qu'elle ne reculerait pas sur la question du gel des salaires de deux ans pour tous les employés de la fonction publique, afin de réduire le déficit ontarien évalué à 11,9 milliards $ cette année. Mais elle a aussi indiqué qu'elle n'adopterait pas la même approche avec les enseignants.

Mme Wynne a également rejeté une proposition du chef progressiste-conservateur Tim Hudak pour offrir aux travailleurs le droit de quitter son syndicat — et ainsi de ne plus payer ses cotisations —, qualifiant l'initiative d'«un pas dans la mauvaise direction». La chef du Nouveau Parti démocratique ontarien, Andrea Howarth, a tenu un langage similaire.

Les deux partis d'opposition ont par ailleurs uni leurs forces, mercredi, pour réclamer de Mme Wynne qu'elle tienne des audiences sur l'annulation, en pleine campagne électorale, des contrats de construction de deux centrales au gaz à Oakville et Mississauga, une décision qui coûtera au moins 230 millions $ aux contribuables ontariens.

à titre de coprésidente de la campagne de 2011, la nouvelle chef libérale était d'ailleurs impliquée dans la décision d'annuler les deux projets afin de conserver les sièges libéraux des deux banlieues de l'ouest de Toronto, affirme le député conservateur Rob Leone.

Si les progressistes-conservateurs réclament des audiences en comité parlementaire sur la question, les néo-démocrates, eux, exigent une enquête publique en bonne et due forme.