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30/01/2013 09:34 EST | Actualisé 01/04/2013 05:12 EDT

Crise en Égypte : l'opposition veut rencontrer le président

Le Front national du salut (FNS), la principale coalition de l'opposition égyptienne, a demandé mercredi la tenue d'une réunion d'urgence avec le pouvoir. Cette initiative de l'opposition pourrait être un premier pas pour entamer un dialogue avec la présidence au moment où le pays est plongé dans une grave crise.

Dimanche soir, le président Mohamed Morsi avait appelé à un dialogue national, mais le FNS avait rejeté son offre qu'il avait qualifiée de « vide de sens ».

« L'arrêt de la violence est la priorité », déclaré Mohamed ElBaradei, un des membres du FNS qui maintient toutefois sa demande de la mise sur pied d'un gouvernement d'union nationale et d'une commission pour amender la Constitution.

L'ancien secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa, autre figure du FSN, a lui aussi estimé que « la grave situation actuelle » nécessitait d'accepter un dialogue.

C'est visiblement le parti salafiste Al-Nour qui joue le médiateur entre l'opposition et le président Morsi, issu des Frères musulmans.

Des représentants du FSN se sont réunis dans l'après-midi avec le président du principal parti salafiste Al-Nour, Younes Makhyoun, qui les avait invités à parler de « la détérioration de la situation ».

« Nous sommes soucieux de l'intérêt général. Nos idéologies diffèrent, mais nous sommes les enfants d'un seul pays », a déclaré Younes Makhyoun à l'issue de la rencontre avec les membres du FSN.

Mardi, le chef d'état-major de l'armée égyptienne a évoqué un risque d'effondrement de l'État après les troubles qui ont éclaté la semaine dernière.  

La violence se poursuit 

Deux nouveaux décès ont été enregistrés mercredi lors d'affrontements entre manifestants et policiers près de la place Tahrir au Caire, portant le bilan de cette dernière vague de violences à 54 morts dans tout le pays.

Depuis mardi soir, des heurts entre policiers et manifestants ont fait 52 blessés au Caire, à Kafr al-Cheikh (delta du Nil) et dans d'autres gouvernorats, selon le ministère de la Santé.

Mercredi, des membres présumés du « Black Bloc », un groupe militant antiislamiste apparu dans les récentes manifestations, ont été interpellés au Caire devant les bureaux du procureur général, qui avait ordonné leur arrestation.

Mohamed Morsi a décrété lundi l'état d'urgence pour un mois à Port-Saïd, Ismaïlia et Suez, trois villes particulièrement touchées par les violences.

Morsi tente de rassurer

Pendant ce temps, le président Morsi s'est rendu en Allemagne, où il a rencontré la chancelière Angela Merkel. Il devait se rendre également à Paris, mais ce voyage a été reporté.

Mme Merkel a invité le président égyptien au dialogue avec l'opposition et au respect des droits de l'homme.

Pour sa part, M. Morsi a assuré que l'Égypte sera un État de droit. « Un État qui n'est ni militaire ni théocratique, mais institutionnel et civil », a déclaré le président égyptien.

Le jour même, le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle a expliqué que l'aide de l'Allemagne à la transformation de l'Égypte « dépend clairement de la poursuite des réformes démocratiques ».