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30/01/2013 07:04 EST | Actualisé 01/04/2013 05:12 EDT

BlackBerry: les "changements colossaux" vont payer, assure la direction

Ancien d'Orange et de Vivendi, le Français Frank Boulben est depuis sept mois directeur marketing du groupe canadien BlackBerry, qui a lancé mercredi ses deux nouveaux appareils, Z10 et Q10, après plus de deux ans de retard. Alors que les parts de marché et l'action de la société ont fondu comme neige au soleil, M. Boulben veut croire que les "changements colossaux" réalisés ces derniers mois vont porter leurs fruits.

Q: Comment expliquer ce délai si long pour mettre au point le nouveau système d'exploitation BlackBerry 10 et les nouveaux appareils?

R: On a introduit une plateforme, BlackBerry Operating System (BBOS), il y a maintenant 13 ans. Cette plateforme a inventé le "mobile computing" (informatique mobile) et a eu un succès considérable, mais elle ne pouvait plus permettre les innovations vues aujourd'hui. Il y a deux ans, on s'est retrouvé face à un choix important: est-ce qu'on adopte une autre plateforme -en payant une licence-, ou est-ce qu'on reste maître de notre destin en développant à partir de rien? On a choisi la deuxième voie, qui est plus difficile, qui est plus longue, mais qui au long terme nous permet de nous différencier et d'être innovants.

Au cours des derniers 12 derniers mois, on a vécu des changements considérables: on a une nouvelle équipe de management, on passe sur une nouvelle plateforme technologique qui était en développement depuis deux ans, il n'y a pas une ligne de software commune entre l'ancienne et la nouvelle plateforme. On introduit de nouveaux terminaux. Ce sont des changements colossaux, qu'on a symbolisé par le changement de nom de l'entreprise, RIM, qui devient BlackBerry.

Q: N'avez-vous pas peur qu'il soit tard? Misez-vous sur les marchés émergents pour rebondir, ou sur la clientèle féminine, comme semble l'indiquer le recrutement de la chanteuse Alicia Keys?

R: Aujourd'hui, 20% des propriétaires de téléphones portables ont un smartphone, donc le potentiel de croissance du marché international est gigantesque. On estime que le marché va se multiplier par trois ou quatre dans les années qui viennent. Donc notre approche est de continuer à servir ce marché globalement, avec des défis différents d'un pays ou continent à l'autre, mais sans faire de choix, de focalisation d'un pays à un autre.

Sur nos 80 millions d'utilisateurs, 56% sont des femmes. Il y a souvent un a priori sur les utilisateurs de BlackBerry (voulant que ce soit un téléphone masculin, ndlr), alors que la majorité sont des femmes, et c'est la raison pour laquelle nous avons voulu travailler avec Alicia Keys.

Q: Vous semblez miser beaucoup sur votre nouvelle fonction permettant de scinder vie privée et vie professionnelle. Pourquoi?

R: Un smartphone doit permettre de gérer les deux composantes de la vie de ses utilisateurs, la vie personnelle et la vie professionnelle, et les aider à être le plus efficace possible dans les deux compartiments, et de passer de l'un à l'autre de manière très très fluide. Que ce soit pour capturer des idées sur le moment, une photo, gérer leur agenda, ou leurs applications professionnelles. C'est la grande innovation qu'on introduit.

sab/sl/rap