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30/01/2013 07:19 EST | Actualisé 01/04/2013 05:12 EDT

Après les départs de Drogba et Anelka, la Chine déchante

Les arrivées d'Anelka et de Drogba avaient fait espérer le début de la reconnaissance pour le Championnat chinois, mais ils sont rapidement repartis en Europe, faisant une croix sur des salaires mirobolants pour retrouver un meilleur niveau de jeu et plus de sérénité.

Sur son site internet où il a officialisé lundi son départ pour Galatasaray, Drogba, 34 ans, n'a même eu un mot pour solder son expérience chinoise.

En Turquie, l'ancien attaquant de Marseille et de Chelsea va essayer d'oublier ses six mois mouvementés en Chine: à Shanghai Shenhua, Drogba a connu trois entraîneurs différents, un conflit interne entre dirigeants du club, sans parler du niveau de jeu sans comparaison avec celui en Europe.

Drogba n'en a toutefois peut-être pas fini avec la Chine, le Shanghai Shenhua annonçant mercredi qu'il contestait son départ et qu'il allait saisir la Fédération internationale de football (Fifa).

Anelka, 33 ans, sera lui resté plus longtemps en Chine que son ancien équipier de Chelsea, un peu plus d'un an.

Mais le parcours chinois de l'enfant terrible du football français, qui a rejoint samedi la Juventus Turin, est symptomatique des soubresauts qui secouent le Championnat de Chine.

Il a d'abord été présenté comme le Messi(e) du Championnat de Chine, puis a été nommé entraîneur-joueur, avant de redevenir simple joueur, rongeant son frein, malgré un salaire hebdomadaire estimé à 234.000 euros, devant l'indigence du jeu et les crises à répétition.

Ces stars, même si elles sont en fin de parcours, n'ont pas eu l'effet escompté, mais cela ne surprend guère Tom Byer, un entraîneur américain recruté par la Fédération chinoise de football (CFA) pour superviser la formation des jeunes joueurs chinois.

"Cette approche, celle des stars, ne marche pas. C'est une vieille histoire et personne ne peut donner un exemple où cela a fonctionné ailleurs auparavant", explique-t-il à l'AFP.

L'autre problème du Championnat chinois, selon M. Byer, est la motivation des entreprises et hommes d'affaires qui contrôlent les clubs et promettent des salaires mirobolants pour attirer des joueurs vedettes.

"Ils espèrent juste en tirer des bénéfices financiers", regrette-t-il.

La Fédération chinoise, la CFA, n'est pas non plus exempte de tout reproche.

Son président, Wei Di, a démissionné mi-janvier à la suite d'une querelle au sujet des émoluments du sélectionneur espagnol de l'équipe nationale, Jose Antonio Camacho.

M. Wei a quitté son poste après trois années entachées par de nombreux scandales de matches truqués et de corruption et les piètres résultats de l'équipe nationale qui a manqué la qualification pour le Mondial-2014 en terminant 3e de son groupe derrière l'Irak et la Jordanie.

Les départs de Drogba et d'Anelka pourraient donner des idées à d'autres joueurs: le Brésilien Dario Conca est en conflit ouvert avec ses dirigeants du Guangzhou Evergrande.

Le champion de Chine en titre, entraîné par un entraîneur au CV ronflant, l'Italien Marcello Lippi, a aussi toutes les peines du monde à retenir le Paraguayen Lucas Barrios.

L'attrait pour la Chine semble s'être refroidi: la dernière recrue de choix s'appelle Guillaume Hoarau, international français certes, mais relégué sur le banc des remplaçants au Paris SG, qui a signé un contrat de trois ans avec Dalian Aerbin.

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