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30/01/2013 02:30 EST | Actualisé 31/03/2013 05:12 EDT

Amnesty et HRW réclament la libération des journalistes arrêtés en Iran

Amnesty International et Human Rights Watch ont réclamé la libération de 14 journalistes iraniens travaillant pour des médias réformateurs, arrêtés récemment pour avoir collaboré avec des médias étrangers.

Cette vague d'arrestations "résulte des restrictions draconiennes imposées à leur activité, qui bafouent le droit à la liberté d'expression et doivent être assouplies", a affirmé Ann Harrison, la directrice adjointe d'Amnesty pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord.

Pour HRW, "ces arrestations semblent faire partie d'une campagne de répression visant à réduire au silence les journalistes et blogueurs avant l'élection présidentielle du 14 juin".

"Les procureurs iraniens n'ont pas expliqué dans quelle mesure les liens d'un journaliste avec des médias étrangers et l'opposition politique seraient un crime", a dénoncé Sarah Leah Whitson, directrice de HRW pour le Moyen-Orient.

Selon la presse iranienne, ces journalistes sont soupçonnés de "collaboration avec des médias antirévolutionnaires en persan". Les médias étrangers diffusant leurs programmes en persan, comme BBC Persian, Voice of America et Radio Free Europe/Radio Liberty's Radio Farda, sont accusés par Téhéran de participer au "complot" occidental pour déstabiliser le régime iranien.

Le ministre iranien de la Culture, Mohammad Hosseini, cité par l'agence Fars, a expliqué que certains journalistes "n'ont pas été arrêtés, mais simplement convoqués pour donner des explications. Certains ont été peut-être entraînés sur ce chemin involontairement".

Selon Amnesty, Javad Daliri, Sasan Aghaei, Nasrin Takhayori, Pouria Alami, Pejman Mousavi, Motahareh Shafiey, Narges Jodaki, Akbar Montajabi, Emily Amraei, Saba Azarpeik, Keyvan Merghan et Hossein Taghchi ont été arrêtés dimanche et lundi. Milad Fadaei et Soleiman Mohammadi avaient été interpellés la veille. Ils travaillent pour les quotidiens réformateurs Shargh, Arman, Bahar et Etemad, l'hebdomadaire réformateur Aseman ainsi que l'agence Ilna, spécialisée dans les questions du travail. HRW a précisé que Motahareh Shafiey avait depuis été remis en liberté.

Selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), 45 journalistes étaient emprisonnés en Iran en décembre 2012. Plusieurs journaux ont également été fermés ces dernières années sur décision de la justice contrôlée par les conservateurs.

bur/lma/cco