NOUVELLES
29/01/2013 10:10 EST | Actualisé 31/03/2013 05:12 EDT

ONU: Israël boycotte une session spéciale qui lui est consacrée

Israël a boycotté mardi une session spéciale du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU qui lui est consacrée, une première dans l'histoire de cette instance.

"Je constate que la délégation israélienne n'est pas dans la salle", a déclaré le président du Conseil, Remigiusz Henczel, à l'ouverture de la session.

Il a ensuite suspendu la séance, indiquant qu'elle reprendrait à 15H00 (14H00 GMT) afin que les pays membres du Conseil puissent "évaluer la situation et parvenir à une décision".

Israël n'est pas un des 47 membres du Conseil, mais il a l'obligation, comme tous les pays membres de l'ONU, de se soumettre à cet examen (appelé Examen périodique universel).

"Nous avons coupé tous les contacts avec le Conseil en mars dernier", a rappelé un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, ajoutant: "Notre politique n'a pas changé".

Israël a coupé les ponts avec le Conseil des droits de l'Homme lorsque celui-ci a décidé en mars 2012 de lancer la première mission d'enquête internationale indépendante sur les conséquences de la colonisation en "territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est".

Le 10 janvier, la mission israélienne auprès de l'ONU avait notifié par téléphone au président du Conseil qu'elle souhaitait reporter la session.

Mais depuis, "il n'y a eu aucune nouvelle communication", a expliqué mardi le président du Conseil aux diplomates réunis à Genève.

Une coalition de 15 ONG israéliennes et palestiniennes a dénoncé dans un communiqué les "lourdes conséquences" de ce boycottage par Israël.

"Ce manque de transparence signifie non seulement qu'Israël évitera une critique rigoureuse de ses violations du droit international mais l'Examen périodique universel sera miné par la perte de deux de ses principes fondamentaux: l'égalité et l'universalité", selon le texte.

Dans un courriel envoyé en octobre à l'AFP, la mission israélienne auprès de l'ONU à Genève avait expliqué qu'Israël entendait suspendre ses relations avec le Conseil "aussi longtemps qu'il sera traité différemment des autres pays".

Outre l'enquête sur les implantations israéliennes, Israël déplore notamment le fait qu'il soit le seul pays avec un point fixe à l'ordre du jour de chacune des trois sessions annuelles du Conseil.

Israël dénonce aussi le fait qu'il soit l'un des pays sur lesquels le Conseil a voté le plus grand nombre de résolutions.

Pour sa part, M. Henczel, a déploré mardi la décision d'Israël et demandé aux autorités "de coopérer à nouveau".

Dans un projet de décision qu'il a présenté aux 47 Etats membres du Conseil, il a proposé "de reprogrammer la session sur Israël afin qu'elle ait lieu en 2013".

apo-scw/pjt/sst/agr/vl