NOUVELLES
29/01/2013 01:43 EST | Actualisé 31/03/2013 05:12 EDT

L'ONU craint des retombées du conflit malien dans l'est de la Libye

Un haut responsable des Nations unies a exprimé mardi la crainte que le conflit au Mali puisse avoir des retombées sur la sécurité dans l'est de la Libye en raison des "liens ethniques ou idéologiques" entre groupes extrémistes maliens et libyens.

"La sécurité dans l'est de la Libye représente un grave défi pour le gouvernement", a souligné Tarek Mitri, représentant spécial de l'ONU en Libye, devant le Conseil de sécurité. "L'opposition de groupes armés radicaux à l'intervention militaire au Mali pourrait aggraver la situation étant donné les affiliations ethniques et/ou idéologiques et la porosité des frontières en Libye", a-t-il ajouté.

"De hauts responsables libyens que j'ai rencontrés récemment se sont montrés inquiets de la situation dans l'est et se sont engagés à fournir une meilleure sécurité à la communauté diplomatique et aux citoyens de Benghazi", a-t-il déclaré.

La semaine dernière, plusieurs pays européens, dont la France qui est intervenue au Mali et des pays ayant soutenu cette intervention (Royaume-Uni, Allemagne), ont appelé leurs ressortissants à quitter Benghazi en raison d'une "menace spécifique et imminente" contre les Occidentaux. Londres a aussi fait état lundi d'une "menace potentielle" contre l'ambassade britannique à Tripoli.

Interrogé lors d'un point de presse, M. Mitri a précisé qu'il exprimait ses "craintes" d'un débordement du conflit malien mais que rien ne lui permettait d'être "plus spécifique". "Beaucoup de ce qui est dit sur les possibilités de débordement de la violence au Mali vers la Libye est spéculatif", a-t-il averti. "Nous ne savons pas quand ni comment ces retombées pourraient intervenir".

"J'exprimais simplement la crainte, a-t-il expliqué, que des groupes en Libye qui ont des liens ethniques ou idéologiques avec ceux qui combattent au Mali et qui sont opposés à l'intervention militaire au Mali pourraient vouloir exprimer cette opposition par des actions militaires à l'intérieur de la Libye".

M. Mitri a par contre minimisé la possibilité que des militants ou des armes aient pu venir de Libye pour participer à la prise d'otages sur un site gazier en Algérie. "C'est plausible, il y a des armes en Libye et la possibilité existe mais il n'y a aucune preuve que ce soit le cas", a-t-il déclaré.

avz/bdx