NOUVELLES
29/01/2013 06:45 EST | Actualisé 31/03/2013 05:12 EDT

L'Ontarien qui a travaillé comme garde du corps du fils de Kadhafi sera déporté

TORONTO - Un entrepreneur en sécurité de l'Ontario qui a travaillé pour le fils de Mouammar Kadhafi pendant la révolte en Libye s'est fait ordonner mardi de quitter le Canada.

La Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada a statué que Gary Peters devrait être déporté parce que ses services le rendaient complice de crimes de guerres et participant dans le passage de clandestins.

La Commission a décidé que Peters, un résidant permanent né en Australie, devait être déporté.

Le père de son client, Mouammar Kadhafi, a régné sur la Libye d'un bras de fer pendant 42 ans jusqu'à ce qu'il soit chassé du pouvoir lors d'une révolution en août 2011. Le Canada s'est joint à d'autres pays de l'OTAN pour effectuer des frappes aériennes sur la Libye en appui aux rebelles. Kadhafi a été capturé et tué par des forces rebelles en octobre 2011.

Peters travaillait comme garde du corps pour le fils de Kadhafi, Al-Saadi Kadhafi, un ancien joueur de soccer professionnel connu pour son style de vie playboy et ses démêlées avec la police en Europe et il a travaillé pour les services de sécurité de son pays. Peters a avoué avoir aidé son ancien employeur à sortir de la Libye et à entrer au Niger alors que le régime de son père s'affaissait.

Peters, âgé de 49 ans, s'est défendu lui-même à l'audience. Il soutient depuis longtemps qu'il n'a fait que son travail et rien de mal.

Il a qualifié la décision de décevante et d'injuste.

«Je croyais que les allégations au sujet des atrocités du régime, celles de ma complicité ou celles faisaint étant que je savais qu'elles avaient lieu étaient injustes. Je maintiens et maintiendrai toujours que je n'ai pas violé la loi», a déclaré Peters à La Presse Canadienne.

Il a ajouté que s'il avait assisté son employeur à quitter la Libye, il n'avait pas organisé la fuite et n'avait pas supervisé son passage par-dessus la frontière avec le Niger. En conséquence, a-t-il fait valoir, les allégations de passage de clandestins ne devraient pas s'appliquer à lui.

«Je suis très déçu de la décision», a-t-il déclaré.

Peters a 15 jours pour demander une révision judiciaire à la Cour fédérale, ce qu'il compte faire.

Les audiences ont eu lieu à Toronto du 14 au 16 janvier. Un avocat qui représentait l'Agence des services frontaliers du Canada a soutenu que Peters était de près associé avec les dirigeants du régime libyen avant et pendant le conflit interne du pays nord-africain de 2011, et qu'il avait fourni des services de sécurité à des membres haut-placés du régime de 2006 à 2011.

Il habite au Canada depuis au moins 10 ans et est résidant permanent. Son entreprise se nomme Can/Aust Security and Investigations International Inc..

Une de ses anciennes associées, la Canadienne Cynthia Vanier, fait face à des accusations au Mexique pour avoir prétendument tenté de faire entrer al-Saadi Kadhafi dans ce pays. Elle nie ces allégations.

Peters a fourni des services de sécurité à Mme Vanier lorsqu'elle se trouvait en Libye pour faire un rapport sur la situation dans le pays pour SNC Lavalin. Les deux ne se sont pas revus depuis septembre 2011 et Peters a seulement su plus tard qu'elle avait été arrêtée.

Al-Saadi Kadhafi habite maintenant au Niger, où il a obtenu le statut de réfugié.