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29/01/2013 05:46 EST | Actualisé 31/03/2013 05:12 EDT

Le plus dur reste à venir pour l'automobile en Europe, prédit Ford

Le directeur financier du constructeur automobile américain Ford, Bob Shanks, a prévenu mardi lors d'un entretien avec l'AFP que le secteur automobile européen n'en était qu'au début de sa restructuration et que le plus dur restait à venir.

"Je pense que nous n'en sommes qu'au début" de la restructuration, "les mesures difficiles commencent tout juste", a-t-il estimé.

Une restructuration sectorielle "est quelque chose qui met du temps à porter ses fruits", a-t-il expliqué.

Alors que le directeur général du constructeur italien Fiat Sergio Marchionne a eu, lors du salon de l'automobile de Detroit des mots alarmistes, parlant de la "machine cassée" du secteur automobile dans la région, M. Shanks veut croire qu'il est "possible de restructurer le secteur en Europe".

"Mais cela nécessitera probablement de réduire le nombre d'employés car il y a des capacités de production excessives", a-t-il ajouté.

"Nous avons besoin d'un meilleur équilibre entre la production et la vraie demande, pas la demande artificielle" générée par des offres promotionnelles qui réduisent les marges à la portion congrue, a-t-il poursuivi.

Il déplore toutefois "un manque de volonté et de capacité de la part de beaucoup d'acteurs, à la fois gouvernements ou entreprises, à prendre les mesures nécessaires pour créer un environnement sain pour le secteur".

Les constructeurs automobiles se livrent une guerre commerciale et "il y a des pressions énormes sur les prix et les marges. La question c'est de savoir jusqu'où cela peut tomber", s'est-il interrogé, tout en prévenant que "même quand il sera restructuré", Ford ne s'attend pas à générer "les mêmes marges en Europe qu'en Amérique du Nord".

Le secteur automobile européen traverse une grave crise et Ford a perdu 1,75 milliard de dollars l'an dernier dans la région. Il a averti mardi que cette perte allait s'aggraver cette année et monter à 2 milliards de dollars.

Le groupe dans son ensemble a dégagé un bénéfice net de 5,7 milliards de dollars en 2012, grâce à la bonne santé de l'Amérique du nord.

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