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29/01/2013 08:36 EST | Actualisé 31/03/2013 05:12 EDT

Egypte: la justice ordonne d'arrêter les militants du "Black bloc"

Le Procureur général d'Egypte a ordonné mardi l'arrestation des membres du "Black bloc", un groupe militant apparu dans les violentes manifestations des derniers jours, a-t-on appris de source judiciaire.

Talaat Ibrahim Abdallah a ordonné "l'arrestation de toute personne suspectée d'appartenir à ce groupe et qu'elle soit déférée devant le parquet". "L'enquête a montré que le Black bloc est un groupe organisé qui mène des actions terroristes", a affirmé le porte-parole du parquet, Hassan Yassine.

Le parquet a appelé "les citoyens à arrêter toute personne soupçonnée d'appartenir à ce groupe et à la remettre" à la police ou à l'armée.

Le procureur général a aussi décidé de désigner un juge pour enquêter sur une plainte déposée par un avocat, accusant les Black Bloc d'avoir mis le feu à des locaux appartenant aux Frères musulmans et d'être liés à certaines personnalités de la politique et des médias, dont un responsable du mouvement de l'opposant Hamdeen Sabbahi.

Des manifestants le visage caché par une cagoule noire sont apparus au cours des derniers jours au Caire et dans quelques provinces, se réclamant du "Black bloc", un groupe aux allures de formation anarchiste jusqu'à présent inconnu et dont les effectifs comme la structure sont un mystère.

Des journalistes de l'AFP ont vu place Tahrir et dans ses environs des manifestants au visage caché par un masque ou cagoulé, parfois vêtus de noir de la tête aux pieds, mais il n'a pas été possible de confirmer leur identité ou leur appartenance au Black Bloc.

Dans une vidéo publiée sur YouTube, les Black Bloc affirment vouloir "faire face au régime des tyrans fascistes (les Frères musulmans)", dont est issu le président islamiste Mohamed Morsi.

Après des violences meurtrières devant le palais présidentiel début décembre entre manifestants anti-Morsi et des partisans du président, des opposants et activistes ont accusé les Frères musulmans d'avoir formé des "milices", ce que ces derniers ont nié.

Les manifestations qui ont débuté jeudi soir en Egypte à l'occasion du deuxième anniversaire du soulèvement contre Hosni Moubarak début 2011 ont fait au moins 52 morts et des centaines de blessés.

Les violences les plus graves ont eu lieu à Port-Saïd (nord-est) après l'annonce samedi de la condamnation à mort de 21 supporteurs du club de football local pour la mort de 74 personnes l'an dernier après une rencontre contre une équipe du Caire.

Le président Morsi a décrété l'état d'urgence et un couvre-feu dans trois provinces du canal de Suez, dont Port-Saïd, et menacé de prendre davantage de mesures exceptionnelles si les violences se poursuivaient. Il a toutefois laissé entendre que ces mesures pourraient aussi être assouplies ou levées en cas d'amélioration de la sécurité.

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