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29/01/2013 11:53 EST | Actualisé 31/03/2013 05:12 EDT

Départ surprise de Stanley Fischer, coup dur pour l'économie israélienne

L'annonce mardi du départ surprise en juin du gouverneur de la Banque d'Israël Stanley Fischer, qui a réussi à épargner aux Israéliens l'impact de deux crises financières, porte un coup dur à l'économie israélienne qui traverse une période d'incertitude à haut risque.

La décision de M. Fischer (69 ans) de quitter ses fonctions le 30 juin prochain, soit deux ans avant l'expiration de son mandat, a fait l'effet d'une "bombe" sur les marchés, selon des analystes.

M. Fischer n'a pas précisé les raisons de son départ inattendu dans le communiqué de la banque centrale. Il doit tenir mercredi une conférence de presse à 09H00 GMT.

Selon les médias, sa décision serait due au fait qu'il est convaincu d'avoir "accompli sa mission" après avoir été gouverneur de la BoI pendant huit ans.

La bourse de Tel Aviv a réagi nerveusement, le TA-25, l'indice qui regroupe les 25 plus importantes capitalisations du marché, cédant 0,91% à la clôture.

Très respecté, M. Fischer est considéré comme un des garants de la stabilité économique d'Israël qui a réussi à épargner à ce pays les contrecoups de la crise des subprimes en 2008 et de la zone Euro.

La croissance de l'économie israélienne, bien qu'en légère décélération a atteint 3,2% en 2012, le taux de chômage se situe sous les 7%, tandis que l'inflation annuelle a été limitée à 1,6%.

A son actif, Stanley Fischer a également fait passer une loi assurant l'indépendance de la banque centrale vis-à-vis du gouvernement.

Mais l'annonce de son départ survient à un moment particulièrement délicat.

Le prochain gouvernement qui doit être bientôt formé après les élections législatives du 22 janvier va devoir procéder à des coupes budgétaires d'au moins 3 milliards d'euros à la suite d'un dérapage du déficit à 4,2% en 2012, deux fois plus important que prévu.

Hasard du calendrier: avant l'annonce de M. Fischer, l'Etat d'Israël a émis mardi à New-York deux milliards de dollars d'obligations pour des périodes de 10 et 30 ans assortis d'intérêts proches de ceux des titres américains du même type. Selon la radio, il n'est pas certain que cette opération aurait été menée avec un tel succès si la décision de M. Fischer avait été connue plus tôt.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a rendu hommage à M. Fischer pour son "rôle majeur dans la croissance de l'économie israélienne".

M. Fischer souhaitait quitter ses fonctions en avril. Mais il a accepté, à la demande de M. Netanyahu, de rester en place jusqu'à la fin juin, c'est à dire après le vote du budget 2013, selon les médias.

La dirigeante du Parti travailliste (centre gauche) Shelly Yachimovich a pour sa part estimé dans un communiqué que "la démission surprise de Stanley Fischer constitue une motion de défiance vis-à-vis de la politique économique de Benjamin Netanyahu".

Ancien numéro deux du Fonds monétaire international (1994-2001), M. Fischer avait posé sa candidature pour prendre la tête du FMI en 2011, à la place du Français Dominique Strauss-Kahn, mais il avait été écarté à cause de son âge (68 ans à l'époque).

Après son passage au FMI, il a ensuite "pantouflé" dans le secteur privé en devenant vice-directeur du géant financier Citigroup et président de Citigroup International, travaillant au sein de ce groupe bancaire de 2002 à 2005.

Stanley Fischer a été le premier gouverneur des pays industrialisés à procéder à une hausse des taux d'intérêts en septembre 2009.

Né le 15 octobre 1943 en Rhodésie du Nord (devenue depuis la Zambie), Stanley Fischer a étudié en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, avant de prendre la nationalité américaine.

Il était ensuite devenu citoyen israélien en 2005 au titre de la Loi sur le retour qui permet à tout Juif de la diaspora d'obtenir la nationalité israélienne lorsqu'il immigre en Israël.

Il a été autorisé à conserver sa nationalité américaine à titre de privilège exceptionnel lorsqu'il a accédé la même année aux fonctions de gouverneur de la Banque d'Israël.

jlr/agr/hj