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29/01/2013 06:31 EST | Actualisé 31/03/2013 05:12 EDT

Brahimi: le Conseil de sécurité doit agir en Syrie, "détruite petit à petit"

La Syrie est "détruite petit à petit" par le conflit entre gouvernement et opposition armée et le Conseil de sécurité doit agir d'urgence, a affirmé mardi le médiateur international Lakhdar Brahimi.

"Le Conseil ne peut se contenter de dire +Nous sommes divisés, donc attendons des jours meilleurs+, ils (les membres du Conseil) doivent se saisir de ce problème maintenant", a-t-il déclaré à la presse après avoir rendu compte au Conseil de sa mission.

"Si on exerce un peu plus de pression (sur les protagonistes du conflit), il y aura peut-être un peu plus de progrès", a-t-il estimé.

Il a suggéré notamment que le Conseil "lève l'ambiguité" contenue dans la déclaration de Genève sur le sort à réserver au président Bachar al-Assad dans une transition politique.

Selon lui, le gouvernement de transition prévu par la déclaration de Genève "doit avoir les pleins pouvoirs exécutifs c'est-à-dire que tous les pouvoirs de l'Etat doivent aller à ce gouvernement", ce qui écarterait de fait le président Assad.

Les Occidentaux et l'opposition syrienne réclament le départ d'Assad alors que la Russie refuse de l'envisager a priori. Moscou et Pékin ont mis leur veto à trois reprises à des résolutions occidentales visant à faire pression sur Damas depuis le début de la crise en mars 2011.

M. Brahimi devait rencontrer à nouveau à dîner mardi soir les ambassadeurs des cinq membres permanents du Conseil de sécurité pour en discuter.

M. Brahimi a reconnu qu'il "n'avait pas fait beaucoup de progrès" mais a rejeté l'idée de renoncer à sa mission. "Je ne suis pas un lâcheur", a-t-il affirmé, prévenant cependant: "Dès que je me sentirai totalement inutile je ne resterai pas une minute de plus" dans ce poste.

Devant le Conseil, M. Brahimi a peint un tableau très noir du conflit en Syrie, selon des diplomates présents, déclarant qu'il avait atteint "des niveaux d'horreur sans précédent" et était en train de "briser" le pays.

La légitimité du président Assad a été "irrémédiablement discréditée" par le conflit, qui a fait 60.000 morts depuis 22 mois, a-t-il affirmé.

Le médiateur a aussi constaté qu'il n'y avait "pas de progrès" dans les efforts de paix menés en Syrie. "Je suis désolé d'avoir à me répéter comme un disque rayé", a-t-il dit.

Près de 80 corps de jeunes gens exécutés ont été découverts mardi dans la cité syrienne d'Alep, dernier carnage en date dans le pays en guerre. M. Brahimi a suggéré une enquête internationale sur ce nouveau massacre, soulignant que les deux camps avaient commis "des crimes également atroces".

Le médiateur a aussi fait valoir le risque de "contamination" du conflit dans les pays voisins qui accueillent des réfugiés.

Une conférence de donateurs est prévue mercredi au Koweït pour débloquer des fonds en faveur des civils syriens. Les organisateurs espèrent recueillir 1,5 milliard de dollars.

avz/mdm