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29/01/2013 08:34 EST | Actualisé 31/03/2013 05:12 EDT

Arabie: un nouveau statut limite les pouvoirs de la police religieuse

L'Arabie saoudite a promulgué un nouveau statut pour la police religieuse limitant les pouvoirs de ce corps chargé de veiller au respect de la morale islamique, mais souvent accusé d'abus et de violences, a indiqué mardi son chef.

Ce corps avait des "pouvoirs élargis mais il cède par le nouveau statut (à la police et à la justice) les prérogatives d'interroger les suspects et de déterminer les charges qui pèsent sur eux", a expliqué à l'AFP Abdel Latif Al-Cheikh.

Mais la police religieuse continuera, a-t-il ajouté, d'avoir le droit d'interpeller les auteurs de "délits flagrants de harcèlement contre les femmes, de consommation d'alcool ou de drogue (substances interdites en Arabie saoudite), de chantage et de pratique de la sorcellerie".

Les suspects interpellés dans ces cas seront déférés devant la police et la justice car les hommes de la police religieuse n'auront plus le droit de les interroger ou de déterminer les charges qui pèsent sur eux, selon M. Al-Cheikh.

La police religieuse continuera aussi de veiller à ce que les femmes ne conduisent pas, de même qu'au respect de l'interdiction des concerts de musique bruyants et de l'ouverture des commerces pendant les prières, a-t-il ajouté.

Les membres de la police religieuse ont adopté un profil bas depuis la nomination en janvier de cheikh Al-Cheikh comme leur chef. Ce dernier a déjà renoncé à la contribution de "volontaires", souvent accusés d'abus, et a mis fin à l'utilisation de voitures banalisées lors de patrouilles.

Il est connu pour ses positions modérées concernant la mixité, qu'il ne prohibe pas lorsqu'elle n'enfreint pas les règles islamiques, alors que le royaume impose une stricte ségrégation des sexes.

L'Arabie saoudite est le seul pays au monde à interdire aux femmes de conduire. Elles ne peuvent non plus voyager sans l'autorisation d'un tuteur.

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