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29/01/2013 07:39 EST | Actualisé 31/03/2013 05:12 EDT

Algérie: le parti au pouvoir réunit son état-major sur fond de crise interne

Le Front de libération nationale (FLN) au pouvoir en Algérie tient à partir de jeudi à Alger une réunion de son instance dirigeante, confronté à une crise interne sans précédent depuis 2003, que peine à contenir l'actuel patron contesté du parti présidentiel Abdelaziz Belkhadem.

Le parti majoritaire à l'Assemblée nationale algérienne est, depuis les élections législatives du 10 mai, en proie à une crise ouverte au sein de sa direction dont une partie veut destituer son secrétaire général M. Belkhadem, âgé de 67 ans.

Au cours de cette réunion du comité central, instance suprême du parti, qui doit durer trois jours, l'actuel chef du FLN va se soumettre à un vote de confiance, selon un communiqué de ce parti reçu à l'AFP.

"Un vote à bulletin aura lieu à l'ouverture de la session", est-il précisé dans le texte.

Les adversaires de M. Belkhadem disent craindre un "coup de force" du patron de FLN pour se maintenir à la tête du parti.

"M. Belkhadem joue son destin politique lors de cette réunion. Nous craignons une réédition du scénario de la dernière session du comité central tenue le 15 juin 2012 à Alger", a déclaré l'ancien ministre Boudjemâa Haichour, l'un des chefs de file des contestataires.

Le patron du FLN, qui avait affirmé avoir gagné un vote de confiance au comité central lors de cette réunion, avait été accusé par ses détracteurs d'avoir "opéré un coup d'état organique". Les partisans et les adversaires M. Belkhadem avaient failli en venir aux mains.

Depuis, la contestation a pris de l'ampleur notamment avec l'appel lancé par huit ministres issus du FLN et membres du comité central au départ de M. Belkhadem.

"Les ministres issus du FLN appellent M. Belkhadem à céder sa place à un nouveau secrétaire général lors de la prochaine session du comité central du parti" avaient indiqué le 9 janvier les huit ministres, tous membres du comité central, dans un communiqué.

Ces ministres avaient accusé M. Belkhadem d'avoir tenté d'utiliser "les institutions de l'Etat pour assouvir ses ambitions personnelles" et affirmé "ne plus reconnaître son autorité".

Dans une interview mardi à la chaîne privée tunisienne, Nessma TV, M. Belkhadem a accusé ses détracteurs de vouloir "semer la discorde entre le chef de l'Etat et (lui)" et nié l'existence d'une crise au sein de sa formation.

"Crise sans précédent"

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Depuis plusieurs mois, le FLN, qui a mené la guerre d'indépendance (1954/1962) contre la France, était miné par une crise profonde sans précédent depuis 2003, né d'un bras de fer entre M. Belkhadem et des dirigeants du parti qui réclament se destitution.

Cette aile dissidente entend reprendre les commandes du parti qui représente une force politique et une machine électorale.

"M. Belkhadem veut garder sa main mise sur le parti en prévision de l'élection présidentielle de 2014", a estimé M. Haichour.

Le FLN, sous la houlette de M. Belkhadem, devenu secrétaire général en 2005, avait remporté coup sur coup les élections législatives et locales en mai et novembre 2007 puis celles de mai et novembre 2012.

Le FLN avait connu une crise similaire en 2003 qui avait conduit à la démission de son secrétaire général Ali Benflis.

Le FLN avait alors donné de larges pouvoirs à M. Benflis, lors de son 8e congrès de mars 2003, en lui accordant notamment la nomination des cadres du parti puis soutenu sa candidature à l'élection présidentielle.

Mais des membres du parti, menés par leur chef de file, l'actuel patron du FLN, avaient refusé cette main mise sur le FLN par M. Benflis et avait encouragé le président Abdelaziz Bouteflika, lui-même issu de cette famille politique, à se représenter.

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