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28/01/2013 02:00 EST | Actualisé 30/03/2013 05:12 EDT

Syrie: sans effort des donateurs, l'ONU réduira les rations alimentaires

Les Nations unies seront forcées de réduire les rations alimentaires distribuées aux Syriens si les donateurs, dont une réunion est prévue dans quelques jours, ne se montrent pas beaucoup plus généreux, a indiqué lundi un haut responsable de l'ONU.

John Ging, chef des opérations du Bureau de coordination des Affaires humanitaires (OCHA), a souligné que la valeur nutritive des rations "avait déjà été réduite de 50% depuis deux mois" en raison des problèmes de financement.

"Nous disons clairement aux donateurs qu'il y aura sans doute d'autres réductions", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse.

L'ONU glisse dans ces rations un message soulignant que les restrictions sont dues à des problèmes de financement, pas à un détournement de l'aide au profit du régime ou de l'opposition.

"Il n'y a pas un seul dollar (de l'aide de l'ONU) qui va au gouvernement syrien directement" car l'aide passe par des organisations locales, notamment le Croissant Rouge syrien, a souligné M. Ging, répondant ainsi à des critiques de l'opposition syrienne. Il a aussi souligné que près de la moitié de l'aide alimentaire allait à des zones contrôlées par l'opposition, l'ONU souhaitant une "distribution équitable".

Cette question du contrôle de la distribution de l'aide est importante, a-t-il reconnu, car "elle influe sur la confiance des donateurs". Le gouvernement syrien, a-t-il dit, a autorisé 110 organisations et ONG locales supplémentaires à distribuer l'aide mais après vérification, l'ONU n'en a retenu pour l'instant que 45.

M. Ging s'exprimait à deux jours d'une réunion à Koweït des donateurs pour tenter de lever 1,5 milliard de dollars destinés à cinq millions de Syriens affectés par le conflit.

L'appel de fonds de 500 millions de dollars pour les Syriens restés dans le pays n'a été pour l'instant financé qu'à moitié, a rappelé M. Ging. Les Nations unies ont aussi besoin d'un milliard de dollars pour aider 650.000 Syriens réfugiés dans les pays voisins (Turquie, Jordanie, Irak, Liban) et dont le nombre est appelé à doubler d'ici juin.

Une soixantaine de pays participeront à la réunion de Koweït, y compris la Russie et l'Iran, principaux soutiens du régime du président Bachar al-Assad.

M. Ging a conduit la semaine dernière une mission d'évaluation en Syrie qui a visité Deraa (sud), Homs (centre) et Talbiyeh, une ville assiégée depuis des mois par l'armée.

avz/mdm